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Prévention et étudiants : Le service sanitaire fait sa rentrée

4 Oct 2018 | Actualités

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Justine Seyrolle Première vice-présidente de l'UNECDLa plupart des étudiants des filières « santé » devront, dès la rentrée de septembre 2018, effectuer un « service sanitaire » pendant leur cursus, d’une durée de trois mois. Les étudiants en odontologie, comme les étudiants en médecine, maïeutique, pharmacie, kinésithérapie et soins infirmiers, sont concernés. Explications.

 Le service sanitaire est officiellement lancé. Le décret et l’arrêté qui en précisent les tenants et les aboutissants sont parus en juin dernier* et le dispositif sera bel et bien mis en place dès cette année dans la plupart des cursus de formations médicales et paramédicales (lire ci-dessous). Les formations en odontologie sont bien entendu concernées.

L’objectif ? « Diffuser, partout sur le territoire, et notamment à destination de publics en situation de précarité, des actions de prévention conduites par des étudiants en santé ».

L’intérêt est double

Le premier est de réduire le nombre de comportements à risque, encore élevés en France. En effet, « plus de 80 % des adultes sont sédentaires », par exemple. Chez les ados de 17 ans, 12 % consomment de l’alcool « plusieurs fois par semaine » et 25 % « fument quotidiennement », rappellent les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur. Pis, 20 % des jeunes affirment que le virus du Sida peut se transmettre en embrassant une personne et 22 % pensent qu’il existe un traitement pour en guérir…

Le deuxième intérêt est de former tous les futurs professionnels de santé aux enjeux de la prévention et de favoriser l’interprofessionnalité.

 

Renforcer l’interprofessionnalité

« En tant qu’étudiants en odontologie, nous avions déjà de nombreux cours sur la prévention mais cette réforme va nous permettre d’aller encore plus loin et de construire avec d’autres étudiants en santé des projets communs de prévention primaire », admet Justine Seyrolle, première vice-présidente de l’UNECD en charge des affaires sociales et du réseau. Ces projets de groupe pourront être menés dans les écoles, les Ehpad, les centres pénitenciers… « mais cette liste n’est pas exhaustive », pointe-t-elle.

Elle précise : « Nous pourrons, dans ces structures, faire de la prévention buccodentaire et rappeler comment bien se brosser les dents et à quelle fréquence, quelle est l’importance du fluor… » sans toutefois intervenir en bouche et faire de dépistage. Si les autres étudiants en santé en apprendront un peu plus sur l’hygiène bucco-dentaire, les étudiants en odontologie approfondiront, eux, de nouveaux volets de santé publique en matière d’alimentation, d’addictions ou de santé sexuelle, par exemple. « Les étudiants élaboreront eux-mêmes leur projet interprofessionnel, poursuit la vice-présidente. C’est ainsi que le service sanitaire a été conçu. Dans les faits, bien sûr, il est difficile d’affirmer que 100 % des étudiants pourront entièrement choisir et définir leur projet. Cela dépendra aussi des structures d’accueil possibles autour des universités et instituts de formation. »

 

Pour les étudiants de 4e année

« En odontologie, le service sanitaire est en principe prévu pour être réalisé en 4e année**, complète Justine Seyrolle. Il pourra toutefois être réparti sur deux années consécutives et ainsi démarrer dès la 3e année, comme en médecine. » Quelle que soit la filière de santé, il sera d’une durée équivalente à six semaines à temps plein***. « La moitié de ce temps devra être consacrée à la réalisation de l’action de prévention », insiste la représentante de l’UNECD.

Le service sanitaire comporte en effet plusieurs étapes : une phase de formation théorique à la prévention, commune avec les autres filières de santé ; une phase de travail personnel et de préparation de l’action de prévention, en interprofessionnalité ; et, enfin, une phase de réalisation de l’action puis d’évaluation. Il est, bien entendu, obligatoire et se substituera à des activités pédagogiques ou des stages existants. Une indemnité forfaitaire d’un montant de 130 euros bruts est prévue pour aider les étudiants à faire face à leurs frais de déplacement. Enfin, une fois l’ensemble du service sanitaire effectué, les étudiants se verront délivrer une attestation.

 

Les facs s’organisent

« Les textes sont sortis juste avant l’été ; les universités ont donc eu très peu de temps pour s’organiser, coordonner les emplois du temps des étudiants pour qu’ils soient formés en interprofessionnalité, se rapprocher des structures qui pourraient accueillir des étudiants…, détaille Justine Seyrolle. En odontologie, les facultés ont intégré le service sanitaire dans le cursus des étudiants mais nous ne sommes pas encore sûrs qu’il sera à 100 % équivalent à ce qui est prévu dans les textes dès la première année. Néanmoins, les choses se mettent en place et sont vouées à s’améliorer d’années en années. »

Et le dispositif, déjà testé à Clermont-Ferrand, semble avoir séduit. L’expérimentation, menée en début d’année, a concerné 6 lycées, 1 400 lycéens et 28 étudiants en santé. Plusieurs thèmes de santé publique ont été abordés, comme les réseaux sociaux et le cyber-harcèlement, les addictions, l’immunité et la vaccination, la contraception, la réduction des risques festifs ou encore le respect de la vie affective et sexuelle de chacun. « Les quelques étudiants en odontologie qui y ont participé ont trouvé le concept très intéressant », détaille la représentante de l’UNECD.

 * Décret n°2018-472 du 12 juin 2018 relatif au service sanitaire des étudiants en santé ; arrêté du 12 juin 2018 relatif au service sanitaire pour les étudiants en santé.
** Cela peut varier selon les filières. Pour les étudiants infirmiers, le service sanitaire est inscrit au programme de leur deuxième année, par exemple.
*** Trois mois à mi-temps, six semaines à temps plein ou soixante demi-journées.

Douze comités de pilotage régionaux

 

Pour assurer le suivi et la bonne mise en œuvre du service sanitaire dans les études en santé, des comités de pilotage ont été mis en place dans chaque région. Présidés par le directeur général de l’Agence régionale de santé et par le recteur de la région académique, ils incluent des étudiants dans leur composition, en principe issus de chaque filière et nommés par les présidents d’université ou d’établissement.

Une deuxième vague en 2019

 

Depuis la rentrée 2018, le dispositif est appliqué à toutes les formations en médecine, odontologie, maïeutique, pharmacie, kinésithérapie et soins infirmiers, soit 47 000 étudiants par an. À partir de la rentrée universitaire 2019, le service sanitaire concernera la totalité des formations de santé (y compris, par exemple, les formations d’ergothérapie, d’orthophonie…), soit environ, chaque année, 50 000 étudiants.