Confédération Nationale
des Syndicats Dentaires

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Ne pas se tromper d’objectif

7 Mar 2018 | Actualités, Négociation conventionnelle

Alors que la négociation conventionnelle a repris, avec, enfin, les premières propositions chiffrées de l’Uncam, une polémique visant à déformer les positions de la CNSD a déferlé sur les réseaux sociaux. Le Bureau confédéral rappelle que l’objectif de la CNSD est de parvenir à l’accord le plus favorable pour la profession… ce qui, visiblement, n’est pas le dessein de tous.

Par l’ensemble du Bureau confédéral de la CNSD

 

En juin 2017, toutes les organisations représentant les chirurgiens-dentistes considéraient de manière unanime que le règlement arbitral était la pire chose qui soit arrivée à notre profession. Parce qu’il signe la fin du paritarisme et du dialogue, parce qu’il laisse à l’État le pouvoir de fixer les tarifs et les conditions de leur application, parce que ses clauses de sauvegarde vont rapidement stopper tout le processus de revalorisation car le niveau des objectifs fixé allait être immédiatement dépassé en raison de l’augmentation des demandes des patients.

Toutes réclamaient la reprise du dialogue et toutes se sont félicitées de la réouverture rapide des négociations engagée par la nouvelle ministre, dans des conditions que toutes ont acceptées. Les plafonds sur certains actes de prothèse étaient la contrepartie de revalorisations sur des actes de soins de base, l’essentiel étant que la balance revalorisations/plafonds soit favorable aux chirurgiens-dentistes.

Le reste à charge zéro (RAC zéro), promesse électorale du nouveau président de la République, a immédiatement été identifié par la CNSD comme étant source de complications pour la négociation. La CNSD a réclamé le soutien de toute la profession pour que cet engagement démagogique ne soit pas financé par les chirurgiens-dentistes : c’était l’un des objectifs de la semaine de fermeture pendant le Congrès ADF, ainsi que la volonté de sortir du règlement arbitral.

 

Face aux casseurs

Et là, première surprise : le syndicat arrivé en tête lors des dernières élections URPS en promettant qu’il changerait tout, a refusé de soutenir cette action, et l’a même dénigrée en annonçant que « pour l’instant dans la négociation, tout allait bien ». Il a également minimisé les risques du RAC zéro en accusant la CNSD de vouloir faire peur. Quelle désinvolture ! Quel manque d’anticipation !

La FSDL, puisqu’il faut appeler un chat un chat, a eu les mains libres pour défendre ses positions. Alors que nul ne l’a contredite, nul n’a critiqué ses propositions, elle n’a pas convaincu… Et la profession se retrouve aujourd’hui dans la pire des situations qu’elle ait connues.

Situation que la FSDL entend à nouveau minimiser en clamant que mieux vaut un règlement arbitral délétère aggravé par un RAC zéro mortifère, plutôt que se compromettre en signant un accord dans lequel il n’y aurait pas tout ce qu’elle souhaite. Et tous les coups vis-à-vis des deux autres syndicats sont permis : railleries, dénigrement, réécriture des propositions les rendant caricaturales, déchaînement sur des mots ou des idées sortis de leur contexte… et attaques personnelles calomnieuses, via une stratégie de communication bulldozer éprouvée.

 

Efficience n’est pas un gros mot

L’affichage « Capituler jamais … qu’importe qu’on nous impose pire » peut aussi laisser penser que la FSDL ne serait qu’un syndicat révolutionnaire qui voudrait détruire le système actuel pour rebâtir un monde dentaire idéal. En oubliant que les révolutionnaires n’ont en général rien à perdre contrairement aux chirurgiens-dentistes. Si la destruction du système est relativement aisée, il est illusoire de penser qu’on laissera à la profession la possibilité de reconstruire seule. Les dirigeants politiques et économiques auront la main pour le faire sans prendre de gants.

Robespierre en son temps se présentait comme l’incarnation de la pureté et de la vertu… Combien de morts à la clé ?

La CNSD est profondément réformiste et cherche en tous points à améliorer le système pour l’ensemble de la profession. Elle adopte pour cela une position lucide et réaliste pour sortir du bourbier où nous ont menés les affichages martiaux du premier syndicat. Alors oui, il faut admettre qu’un texte conventionnel est forcément un compromis, que ce compromis a permis jusque-là à notre profession de faire face à ses charges, améliorer globalement la qualité/sécurité des pratiques et dégager des bénéfices. La demande de la société n’est pas plaisante mais on ne peut pas la nier, et, partout dans le monde, dès qu’un financeur intervient dans la solvabilisation des soins, il est des règles universelles en économie de la santé qu’on ne peut méconnaître. Règles que la FSDL semble ignorer, malgré une sommité dans ses rangs qui a du mal à enrichir le vocabulaire de ses confrères et à leur faire lire la définition du terme « efficience » (qui n’est en rien un gros mot synonyme de « bas de gamme »).

 

Lucidité face à l’autopromotion

Alors, ne nous trompons pas d’objectif : pour la CNSD, la défense des intérêts de la profession est prioritaire, au risque de fragiliser sa structure syndicale, victime de dénigrements. Pour la FSDL, il est évident que l’autoglorification et la destruction passent avant tout : parce que signer lui ferait perdre sa raison d’exister, elle dit blanc un jour et noir le lendemain, se comporte en agneau en séance de négociations et en lion sur les réseaux sociaux, en ciblant ses concurrents (et non plus confrères) et en les discréditant pour les empêcher de négocier et aboutir.

La CNSD l’affirme : un accord conventionnel reste la meilleure voie pour sortir du règlement arbitral et faire évoluer notre profession, mais pas un accord à tout prix ! Les clameurs ne règlent rien, seule la vraie discussion avec des arguments réalistes peut convaincre nos interlocuteurs de lâcher du lest. Et aboutir à un texte que nous pourrons signer. On en est encore loin, le parcours est dur, mais il est dramatique que toute la profession ne tire pas dans la même direction.