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Perte du triple A : un non-évènement !

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La perte du triple A annoncée par l'agence de notation « Standard and Poor's » est une juste sanction de l'économie française qui fait suite aux 2 plans de rigueur annoncés en août et décembre 2011.

 

Les 18 milliards d'euros d'économie votés au titre de 2012, auxquels les professions libérales participeront grandement, n'auront pas suffit à convaincre ! Anticipée sur les marchés financiers depuis plusieurs semaines, cette perte du triple A est bel et bien un non-évènement dont les conséquences financières, bien qu'imprécises à ce jour, sont loin d'être négligeables. En effet, le triple A est un gage de sécurité pour les emprunteurs et sa perte entraîne à long terme un enrichissement du coût du crédit, donc une hausse des taux. Une augmentation des taux à 4 % contre 3 actuellement pourrait entraîner un processus de dégradation en chaîne : effondrement de la croissance, augmentation du chômage, une totale asphyxie de l'État qui verra le montant de la dette grimper avec un effet domino sur les collectivités locales, qui n'auront pas d'autre choix que d'augmenter nos impôts locaux et de freiner les investissements, car l'argent coûtera plus cher. Cette morosité ambiante devrait retrouver « quelques satisfactions » à travers la TVA sociale, nouveau moyen pour financer le trou abyssal de la dette. La taxe Tobin sur les transactions financières visera le même objectif.

Quelles conséquences pour votre cabinet dentaire, votre patrimoine ? Je ne souhaiterais pas être pessimiste, mais le réalisme de cette crise économique et financière m'oblige à constater que ce seront les classes moyennes qui paieront l'addition. Trop « riches » par rapport aux 2,5 millions de chômeurs qui bénéficient d'une protection sociale que vous financez, et qui représentent un « poids électoral » non négligeable en cette période de campagne électorale. Trop pauvres par rapport « aux vrais riches » dont les avantages fiscaux sont inaltérables.

Nous paierons, mes chers confrères, jusqu’à quand ? Le revalorisation de nos actes toujours différée, l’augmentation permanente de nos charges et des réglementations ubuesques asphyxient progressivement nos T.P.S (très petites structures). Dans ce contexte plus que défavorable, les négociations conventionnelles devront essayer d’améliorer nos conditions d’exercice par une revalorisation de certains actes, mais aussi et surtout d’éviter la fin de notre exercice libéral par la mise en place de contraintes supplémentaires (limitation de l’ED, encadrement démographique, règlementation nouvelle inadaptée...).

Bon courage à nos négociateurs ! La fin du triple A, ce non-évènement qui ne fait même pas l’unanimité au sein des différentes agences de notation, montre la complexité d’un système économique et financier en perdition. Une chose est certaine, la France et l’Europe ne peuvent plus vivre au-dessus de leurs moyens. Et ce n’est pas au Français « moyen plus », dont le chirurgien-dentiste ne fera bientôt plus partie, de toujours mettre la main à la poche pour renflouer des caisses toujours plus vides.
Travailler plus, d’accord ! Mais pas pour gagner moins !