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Remboursement des prothèses dentaires

Quand la question est bien posée, la réponse est sans ambigüité ! Dans le concert des multiples sondages qui sont distillés quotidiennement dans la presse, celui qui vient d’être publié par TNS-Sofres le 23 juin apporte enfin une vision réaliste de ce que pensent nos patients sur leurs dépenses de santé : les remboursements en dentaire sont insuffisants. Là est le véritable problème pour eux.

Le dilemme du patient

Ce constat, nous l’avons fait depuis longtemps. Quotidiennement au contact du patient, nous le voyons confronté à cet obstacle. Conscient de la nécessité du traitement que nous lui proposons afin de répondre à son problème, il se trouve confronté au « reste à charge », seul écueil pour lui. Nous prenons sur notre temps pour lui en expliquer les causes profondes. En premier lieu, la volonté politique de laisser en déshérence depuis plus de 20 ans à la fois le niveau de prise en charge des soins à tarifs opposables et le niveau de remboursement des prothèses, entrainant pour les patients un reste à charge toujours plus important. Ce choix, nos décideurs devraient l’assumer. En bons politiques, ils entretiennent la confusion dans les esprits en multipliant les attaques à l’encontre de notre profession, nous accusant de tous les maux : trop cher, manque de transparence, dépassements… dissimulant ainsi la vérité qui dérange derrière un rideau de fumée.

Deuxième explication. La santé bucco-dentaire est considérée de façon très secondaire par nos décideurs qui sont, ne l’oublions pas, leurs élus. Elle semble être pour eux un secteur à part, ne faisant pas totalement partie de la santé globale des patients. L’organe dentaire, la bouche présentent-ils une particularité qui les situerait hors du champ médical ? Cette conception éminemment fausse, ancrée et entretenue artificiellement dans les esprits, permet en fait de dissocier les notions de soins et de réalisations prothétiques, et ainsi de scinder notre activité en deux volets « acteur de soins » et « placeur de prothèse ». Cette division est fausse. L’acte prothétique, nous le savons, n’est que l’aboutissement de la phase de soins proprement dite, s’inscrivant dans la logique d’un traitement qui débute dès de diagnostic.

Un choix politique dont les patients supportent les conséquences

Le choix politique est donc fait depuis longtemps de ne pas faire entrer la totalité du secteur des soins dentaires dans le champ de la solidarité nationale. Mais aujourd’hui, certains veulent aller plus loin en sortant le pan entier de la prise en charge de la prothèse dentaire de cette solidarité et de la confier aux complémentaires. Tout est en place pour cette prochaine évolution. A la fois le cadre législatif et la volonté politique existent. Le patient en sortira-t-il gagnant ? La réponse sera connue certainement dans un prochain sondage…

La CNSD face à cette évolution décidée et voulue par les politiques, jusqu’au plus haut niveau de l’Etat, Nicolas Sarkozy, lui-même, doit en étudier les éventuelles conséquences. Elle n’acceptera que ce qui lui paraitra acceptable, et compatible avec sa conception de ce que doit être un exercice libéral au service des patients, mode d’exercice majoritaire pour notre profession et surtout ne sacrifiant pas l’accès aux soins pour tous.


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