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L’art du sondage

Un baromètre/sondage CSA Jalma réalisé en octobre, sur « Les Français et la réforme de l’Assurance maladie » réalisé en trois volets - la connaissance et la compréhension du système de remboursement des dépenses de santé, l’accueil de la réforme de l’Assurance maladie, l’image des complémentaires santé - est très instructif, tant sur les réponses que sur les questions posées.

L’analyse faite rapidement par la presse (Les Echos) a tout de suite mis l’accent sur le fait que les Français sont prêts à accepter des déremboursements mais hélas, à un niveau qui ne résoudrait en rien les problèmes actuels posés par les déficits de l’Assurance maladie. Mais l’essentiel est dit : les Français acceptent l’idée du déremboursement. Parmi les nombreuses questions qui ont été posées, il est intéressant de relever celles qui concernent plus particulièrement notre activité.

Des réponses instructives…

Tout d’abord, concernant le niveau ressenti d’information sur les remboursements, à la question : « Selon vous, quel montant l’Assurance maladie vous rembourse-t-elle sur une couronne dentaire facturée par le chirurgien dentiste 500 euros ? », seulement 32 % répondent correctement, et 48 % surévaluent largement le remboursement de leur régime obligatoire.

Aucune interprétation n’est donnée mais il est aisé d’observer que seulement 1/3 des patients ont un niveau d’information correct sur les bases de remboursement de leur régime obligatoire, sûrement conséquence de l’opacité et de la confusion volontairement entretenue dans les esprits par les Caisses qui parlent toujours de « coûts excessifs » et jamais de remboursements obsolètes, car jamais réactualisés.

Plus loin, on questionne ainsi les patients : « Pour chacune des solutions suivantes (déremboursement de certaines prestations, augmenter les franchises, augmenter la CSG) dites-moi si elle vous semble très efficace, assez efficace, peu efficace ou pas du tout efficace pour réduire le déficit de l’Assurance maladie ? » : 34% placent la solution du déremboursement en premier. Il est rajouté une question destinée à préciser certains points évoqués. « Si demain il s’avérait nécessaire de dérembourser certaines dépenses de l’Assurance maladie, quelle serait selon vous la solution à envisager ? », seulement 20 % des réponses concernent le déremboursement des prothèses dentaires (avec optique et audioprothèse), loin derrière certains médicaments (69 %) et l’augmentation du forfait hospitalier (39 %). Combinant ces deux réponses, il est simple de faire le constat que les patients ne souhaitent pas un désengagement de leur régime obligatoire concernant le secteur dentaire.

Ils savent ce secteur sinistré et ne tiennent pas à ce que cela s’aggrave encore.

Et ainsi faire le lit des complémentaires…

La troisième partie du sondage traite de l’image des complémentaires santé.

Après deux questions qui montrent que 33 % des cotisants n’ont aucune idée du volume de remboursement de leur complémentaire sur une année, et que 85 % sont globalement satisfaits de leur complémentaire (on se demande sur quelle base ils se prononcent pour faire leur choix de contrat ?), il est posé LA QUESTION : « Pour chacun des postes de dépenses suivants (honoraires médicaux, chirurgie dentaire et optique) êtes vous très satisfait, assez satisfait, peu satisfait ou pas du tout satisfait du montant remboursé par votre mutuelle ou assurance santé complémentaire ? » : concernant le dentaire, 56 % sont satisfaits et 35 % non satisfaits.

Si l’on ajoute à tout ceci la question suivante : « De manière générale, compte tenu de vos dépenses de santé, diriez-vous que le prix de cotisation de votre assurance santé complémentaire est… ? » 33 % le trouvent excessif et 65 % raisonnable.

Et enfin : « En France, le prix des cotisations d’assurances santé complémentaires a pratiquement doublé depuis 2000. Pour vous, cette augmentation est-elle plutôt…? » Réponse : 47 % injustifiée, 47 % justifiée.

Ne soyons pas dupes. Cette étude est là pour faire le lit du déremboursement et donc de l’intervention des complémentaires, en particulier dans notre champ d’activité. Preuve en est l’ordre des questions telles qu’elles sont posées qui est essentiel pour comprendre les réponses obtenues. D’abord questionner pour faire état d’un bon niveau de satisfaction général concernant les prestations. Puis faire ressortir une évidence concernant les cotisations, en effet, qui peut aller contre le sentiment que, sans complémentaire, ce serait pire pour le portefeuille. Et enfin, quand la majorité des interrogés a exprimé sa double satisfaction, montrer que les avis sont équilibrés (pas de réflexion construite sur ce point, car ces chiffres sont inconnus de la majorité des sondés) sur l’augmentation continue des cotisations, laissant libre un grand champ d’action.

Ainsi, la solution qui apparait à travers cet ensemble de questions/réponses est la logique suivante : déremboursement, intervention des complémentaires, augmentation des cotisations.

Soyons bien conscient de cela.

4 décembre 2009

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