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Stop ou encore

17 Avr 2018 | Actualités, Edito, Négociation conventionnelle

Le jeudi 12 avril, lors du Conseil d’administration confédéral extraordinaire, il y a eu de la colère… de l’incompréhension… de la frustration… un sentiment d’injustice, d’absence de reconnaissance… Le ressenti d’être des quilles dans des jeux politiques. Il y a eu des questions sur les évolutions à venir, d’autres sur le contenu des propositions de la Sécu. Il y a eu beaucoup d’inquiétudes sur le trou dans les recettes que pourrait provoquer le report de soins de patients anticipant le reste à charge zéro. Il y a eu des approches pragmatiques, des positions raisonnables. Il y a eu le discours de jeunes clamant leur volonté de changer le monde. Il y a eu les vieux qui se sentent encore jeunes. Il y a eu des regrets devant l’inertie de nombre de confrères qui méconnaissent les enjeux des négociations actuelles, qui n’ont pas voulu se mobiliser quand la profession était attaquée… et qui viendront inéluctablement blâmer les syndicats de n’avoir pas su empêcher les contraintes à venir. Il y a eu la conviction que, quelle que soit la décision prise, il y aurait des reproches, des attaques, parce que la CNSD reste le syndicat leader, incontournable, sans lequel rien ne peut se faire, ou ne pas se faire.

Il y a eu surtout beaucoup d’écoute, de dialogue, de respect mutuel. Une denrée rare en ces temps de déchaînement facebookien. Et il y a eu plus que tout la conviction que la mission de la CNSD était de défendre le maximum de confrères, de les aider à tirer leur exercice vers le haut, de les accompagner dans les bouleversements qui se profilent et de penser aussi à nos patients qui méritent le meilleur. Et d’assumer collectivement les choix passés, présents et à venir.

À l’issue de cette journée intense, c’est à la très grande majorité que les délégués ont dit : « Encore ! », en donnant mandat aux négociateurs de poursuivre, de continuer à se battre pour améliorer encore le futur texte conventionnel, en limitant les impacts des promesses présidentielles et en ouvrant la porte aux évolutions visant à donner les moyens d’une médecine bucco-dentaire préventive et économe en tissu dentaire. La négociation est donc loin d’être finie, le texte de la Convention reste à rédiger avec un contenu amélioré.

Pour moi, en revanche, après six ans à la tête de la CNSD, ce sera « stop ». Les statuts me permettaient un ultime mandat, mais j’ai choisi de laisser la place à d’autres. Malgré un contexte politique écrasant que peu de mes prédécesseurs ont connu, malgré les déchaînements permis par des outils de communication sans contrôle ni limites, j’ai tenu le cap des engagements pris lors des Congrès d’Annecy et de Biarritz. J’ai cherché à préparer la suite, et je resterai toujours à disposition des futurs présidents pour les faire bénéficier de mes compétences et de l’expérience acquise.

Je remercie tous ceux qui m’ont aidée à avancer contre vents et marées. L’équipe que j’ai constituée, qui a travaillé sans ménager sa peine, tous ceux qui m’ont remerciée et encouragée au fil des déplacements dans les départements, tous ceux aussi qui ont pris le temps de critiquer de façon réfléchie et constructive, car c’est par la critique aussi qu’on avance.

Il faut savoir s’engager pour défendre ses convictions, il faut aussi savoir passer la main. La CNSD, ce n’est pas une personne, c’est un collectif et tant qu’il perdurera, la profession avancera.

 

CATHERINE MOJAÏSKY
Présidente confédérale