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Rendre chaque acteur plus performant

8 Mar 2018 | Accès partiel, Actualités, Edito, Négociation conventionnelle

Accès partiel chirugien dentiste Edito Marie Francoise Gondard Argenti

On dénombre actuellement 22000 chirurgiens-­dentistes qui emploient 45 000 salariés, dont environ 23 000 assistant(e)s dentaires, qui, pour 30 % d’entre eux (elles), assistent le praticien au fauteuil de façon régulière. Cela signifie que 70 % des assistant(e)s sont multitâches : un peu d’aide opératoire, de plus en plus d’administratif, beaucoup de stérilisation et de l’accueil énormément. A contrario des chirurgiens-dentistes qui se spécialisent de plus en plus, nos principales collaboratrices – 97 % des assistants dentaires sont des femmes – sont encore trop souvent les shiva du cabinet.

Si l’on considère le cabinet comme une entreprise, certes d’un genre particulier puisqu’elle s’occupe de la santé de nos concitoyens, il est alors normal de réfléchir aux compétences nécessaires pour améliorer la compétitivité et la productivité de la structure dans un système contraint, d’une part par les tarifs, et d’autre part par les possibilités financières des patients. La prochaine Convention ou l’application du règlement arbitral ne fera qu’amplifier les contraintes et l’obligation de réfléchir pour faire autrement afin de préserver l’équilibre économique de nos cabinets. Il nous faut donc réagir vite et adapter notre exercice, notamment en redistribuant les rôles afin que chaque acteur, à sa place, soit le plus performant possible. Les gains de productivité du cabinet ne peuvent plus uniquement se concentrer entre les deux mains du chirurgien-dentiste.

Il est nécessaire que les praticiens « sortent» de leur unique rôle de soignant pour devenir des chefs d’entreprise et des managers d’équipe. Pour amorcer cette mutation, il faut bien évidemment appréhender les emplois et la formation de nos collaborateurs comme une valeur ajoutée et un investissement pour le cabinet, et répartir les taches en fonction des compétences requises pour assurer le service à rendre avec un maximum d’efficacité.

Nous nous retrouvons dans la même problématique que nos confrères médecins qui, pour répondre à la demande, se recentrent sur les actes médicaux et délèguent des taches techniques connexes.

C’est dans cette optique que la commission ad hoc de la Confédération a réfléchi à ce qui pourrait constituer un deuxième niveau d’assistanat plus médico-technique, où un certain nombre d’actes techniques à moindre valeur ajoutée pour le praticien mais chronophages, pourraient être délégués.

C’est aussi pour la Confédération un enjeu majeur pour enfin mettre en place un vrai parcours de prévention et d’éducation thérapeutique de nos patients par du personnel formé qui complètera efficacement les traitements réalisés par le chirurgien-dentiste.

Au sein de la commission paritaire nationale de l’emploi de la branche, les partenaires sociaux sont sur la même ligne car, pour les salariés, la réflexion est synonyme d’évolution de carrière, de parcours professionnel, d’employabilité et de mobilité.

Cette évolution et cette redistribution des tâches deviennent une nécessité dès lors que l’environnement et le financement de notre activité changent. Ne pas uniquement penser solvabilisation de l’exercice du seul praticien mais rémunération pour l’entreprise. c’est un des enjeux de l’actuelle négociation. Ne pas donner ce levier d’évolution signifierait que les pouvoirs publics entendent changer la donne dans la dispensation des soins dentaires, d’autant que le reste à charge zéro est une ineptie si on entend responsabiliser le patient et en faire un acteur de sa santé, sans donner les moyens aux cabinets dentaires de contribuer à une vraie politique de santé publique, notamment par le biais de la prévention qui doit être solvabilisée à la hauteur des enjeux.

Marie-Françoise Gondard-Argenti

1ère vice-présidente