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Ni pompiers ni pyromanes, un nouveau tiers état

14 Déc 2018 | Edito

Marc Sabek CNSDDans une interview parue dans les Échos, en février 2018, M. Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, déclarait : « Si on nous piétine, il ne faudra pas ensuite venir nous chercher pour éteindre l’incendie. » Et ce 5 décembre, dans La Croix, il insistait avec la même métaphore : « Notre rôle n’est pas d’allumer des allumettes près du gaz… » Serait-ce donc « le retour en grâce des syndicats » et une nouvelle reconnaissance du rôle central des corps intermédiaires, maillon qui préserverait « la stabilité sociale au cours de toute réforme d’envergure » ?

« Les corps intermédiaires » ! Voilà des messagers de la paix parmi lesquels les syndicats reviendraient au milieu du jeu politique ! Légitimés alors qu’ils peinaient à rassembler 10 % des professionnels, les syndicats se sont progressivement transformés – de manière inégale – en groupes de blocage, défendant des intérêts particuliers et des statuts de privilégiés. Ils ont perdu toute crédibilité. Sont-ils à nouveau capables d’éteindre le moindre petit brasier ?

Ce syndicalisme de papy, immobile et ronchon, a pourtant fait des émules dans le monde de la santé. Des slogans de pseudo-combativité et des postures « rebelles » ont usé tous les fatras des réseaux sociaux pour tenter de bloquer la négociation avec l’Assurance maladie. Malgré une surenchère mensongère, glissant parfois vers l’extrémisme intolérant, les illusions tapageuses ont fini par s’évanouir face aux réalités sociales du pays.

Pendant ce temps, ceux qui cultivent la médiation ont poursuivi leur mission. En apportant, comme à chaque occasion et à chaque risque de conflit, leur capacité de synthèse, ils ont fait aboutir des solutions de compromis, de concorde. En négociant sans relâche, en proposant avec courage, il y a une place pour des convictions qui rapprochent les conditions socio-économiques actuelles du pays et les revendications légitimes des professionnels.

Mais, au-delà de l’encadrement associatif défendant un intérêt professionnel et une reconnaissance sociale, les véritables menaces sur le bien-être du professionnel de santé résident dans le déclin de la solidarité professionnelle et sociale, la dilution de l’entraide confraternelle et le morcellement de plus en plus accentué, parfois encouragé par les pouvoirs publics. Bien avant la déroute idéologique du syndicalisme obtus du siècle dernier, Les Chirurgiens-Dentistes de France (Les CDF) avaient identifié ces menaces et commencé leur propre mutation. Notre projet professionnel transgénérationnel ne se contente pas de faire converger les intérêts du praticien avec ceux de son patient.

En conjuguant l’humanisme médical avec les exigences de rationalité économique et d’efficience scientifique, il nous faut écouter, conseiller, accompagner, assister, soutenir, inventer, développer. En ce sens, la transformation de nos structures a été radicale. Ni syndicat au sens traditionnel, usé et dépassé, ni association statique, délimitée par un champ d’action conventionnel, Les CDF sont aujourd’hui le premier mouvement de microentreprises libérales de santé.

Marc SABEK
Vice-président