La CNSD devient Les Chirurgiens-Dentistes de France

Des news toutes les semaines...

Dans un mois…

20 Fév 2019 | Edito

C’est dans un mois que les premières dispositions tarifaires de la nouvelle Convention entreront en vigueur. Pour ce faire, il était nécessaire que certains actes de la CCAM soient modifiés et que d’autres soient créés ou supprimés afin de rendre applicables certaines mesures. C’est pourquoi, depuis le 21 juin dernier, date de la signature, des groupes de travail ont été mis en place au sein desquels ont été élaborés deux avenants conventionnels. L’un concerne ces ajustements qui permettront de coder les actes des différents paniers, mais aussi de traiter les problèmes engendrés par le défaut d’inscription et le manque de reconnaissance comme les bridges cantilever et collés, pour ne citer que ces deux exemples.

L’avenant n°1 répare cette lacune, et ouvrira la porte à une alternative thérapeutique crédible par la prise en charge de ces actes.

L’avenant n°2 a plus spécifiquement trait au panier de soins CMU-C, particulièrement maltraité lors de l’instauration du règlement arbitral. Certains actes étaient valorisés à des niveaux indécents et il fallait absolument les revoir et corriger ces anomalies. Ces deux avenants signés, désormais, rien ne s’oppose plus à la mise en place des premières mesures de la Convention au 1er avril prochain.

Mais, il y a un temps pour tout ! Il y a celui de la revendication, qui depuis des années nous a fait exiger une revalorisation des actes opposables et l’inscription de nouveaux actes pour traiter plus préventivement, plus médicalement et selon les données actuelles de la science. Puis, celui de la négociation afin que la profession sorte par le haut d’une situation, celle du renoncement à certains soins dont aux yeux des médias, des politiques et des citoyens, elle était jugée responsable. Vient ensuite le temps de l’explication et de la mise en application des décisions négociées. Et enfin, à la fin de ce cycle, revient celui des nouvelles revendications.

Cette Convention n’a pas grand-chose à voir avec ses devancières, car elle amorce un authentique virage, qui engage résolument les chirurgiens-dentistes dans un exercice plus médical. Elle encourage la pratique d’actes moins invasifs, où l’économie tissulaire, la conservation pulpaire, les collages et la prévention prendront tout naturellement leur place au détriment de techniques plus traditionnelles, évidemment toujours possibles, mais de manière moins systématique. En ce sens, cette Convention instaure un véritable changement de paradigme dans lequel nous serons acteurs.

Nous l’avons dit et répété, cette Convention n’est pas figée, elle est évolutive.

Évolutive dans son aspect médical mais aussi économique. Outre qu’elle élargit le champ de la solvabilisation, garantit un meilleur accès aux soins, elle est une solution aux défis démographiques engendrés par la conjonction de facteurs aussi déstabilisants que l’arrivée des diplômes étrangers, la suppression du numerus clausus, le développement de centres low-cost et la mise en place de l’accès partiel.

C’est pourquoi, dans des conditions nationales économiques et sociales très perturbées, le fait d’avoir négocié une Convention qui génère de l’activité s’avérera indéniablement salutaire à notre profession. Rien ne sert d’avoir peur de l’avenir. Bien au contraire, il est indispensable d’avoir confiance dans ce qui se passera dans les mois à venir.

Thierry SOULIE
Président confédéral