La CNSD devient Les Chirurgiens-Dentistes de France

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A moins que…

21 Nov 2018 | Edito

Portrait de Doniphan Hammer Les CDF CNSDAvoir comme principe une obligation de se former après l’obtention de son diplôme est normal et légitime. Les techniques évoluent, les protocoles et recommandations sont modifiés, les chirurgiens-dentistes doivent suivre ces changements. La formation continue est un des moyens d’y parvenir. Personne ne remettra en cause l’idée que le chirurgien-dentiste doit assurer la qualité des soins aux patients en actualisant ses connaissances et aptitudes professionnelles tout au long de sa carrière.

La profession, depuis de nombreuses années, a su s’organiser pour assurer cette formation continue. Sur le fond, par la qualité des conférences construites à partir de références scientifiques indiscutables. Mais aussi sur la forme, avec une offre ouverte sur de très nombreux sujets, l’ensemble étant bien réparti sur le territoire, facilement accessible et au service des consœurs et des confrères dont le suivi n’est plus à démontrer.

Considérant qu’il est de son rôle de garantir la qualité des soins et la sécurité des patients, l’État s’est senti obligé d’intervenir dans le système de formation continue des professionnels de santé. Après la formation continue conventionnelle (FCC), qui avait montré ses limites, il a créé le DPC administré, dont le côté obligatoire est loin d’avoir apporté la preuve de son efficacité. Au contraire : moins de praticiens formés, des thèmes non renouvelés, trop restreints et peu attractifs. Ce système, complexe et mal calibré, a entraîné une désaffection telle, que l’on peut parler de fiasco.

Face à cette situation, la profession et l’État ont dressé un constat d’échec et essayent à travers la mise en place de l’ANDPC de remédier aux problèmes. Mais le déficit de lisibilité est si grand que faire revenir la profession dans une formation continue cohérente, libre et obligatoire prendra du temps. La confiance ne se reconquiert pas aussi facilement. Et pourtant, des modus operandi simples et fonctionnels existent, ils sont à la disposition des décideurs.

En marge du DPC, certains regardent ce qui semble se dessiner chez les médecins où il est de plus en plus question de « re-certification » qui inclue formation continue et organisation au sens large mais aussi plus complexe. Elle comporterait un socle avec des disciplines et des thématiques prioritaires et optionnelles dont les paramètres quantitatifs sont encore mal déterminés. On parle de 15 à 30 jours par an de formations adaptées aux souhaits et besoins réels des professionnels.

Dès lors, plusieurs questions se posent : qui décidera de tout cela ? Le Conseil national professionnel (CNP), où les praticiens sont peu représentés ? L’Université, qui n’a pas les mêmes contraintes que le monde libéral ? Ne risquons-nous pas de repartir pour des années encore vers une complexification du système où les objectifs auraient peu de chance d’être atteints ? N’assisterions-nous pas à la création d’une nouvelle usine à gaz afin de relancer la formation continue au sein de notre profession ? Autant d’interrogations auxquelles nous devrons répondre.

À moins que… cette recertification ne devienne un outil et une façon de réguler l’offre de soins, notamment dans l’hypothèse d’afflux massif de diplômes étrangers, tout en se conformant à nos règles européennes.

 

Doniphan Hammer
1er vice-président