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Hygiène, asepsie, exposition au sang

13 Oct 2011 | CNSD Services, Environnement professionnel

Exposition au sang

Un accident d’exposition au sang (AES) est défini comme tout contact percutané, piqûre, coupure, contact muqueux ou sur une peau lésée avec du sang.

 

Dépoussiérer les empirismes est souvent bénéfique à la mise à jour des bonnes pratiques. La désinfection des opercules de carpules d’anesthésique, geste évident en soi, doit relever d’une « protocolisation éclairée », au profit d’une sécurité accrue.

La désinfection des opercules de flacons utilisés en médecine fait partie des bonnes pratiques de soins. Il en va de même pour nos carpules d’anesthésique. En effet, ces conditionnements peuvent se contaminer au cours du stockage par des germes de l’environnement mais aussi lors de manipulations par des mains insuffisamment désinfectées ou des gants qui ne sont pas ôtés au cours de nos séances de soins. Il faut noter qu’en médecine bucco-dentaire, se surajoute le problème des aérosols.

Risque faible mais avéré

Le geste paraît empirique et lorsque j’ai interrogé le milieu infirmier sur le bien-fondé de telles pratiques, il m’a semblé enfoncer des portes ouvertes. Le niveau de preuve est en fait assez faible et il faut réellement fouiller pour trouver des documents objectivant le risque de contamination. Ces documents sont en fait relatifs à l’utilisation de flacons multidoses (ce qui n’est pas le cas des cartouches d’anesthésique). Robert Longfield, dans un article paru en 1984 dans Infection Control, vol. 5, n°4, relate la survenue d’infections secondaires à la désinfection de bouchons avec un ammonium quaternaire contaminé (1).

Plus récemment, la Société française d’anesthésie réanimation, dans des recommandations publiées en 1997, rappelait que l’aspiration des produits anesthésiques ne se fait qu’après avoir désinfecté correctement le bouchon du flacon ou le col de l’ampoule (2). Le CCLIN Sud Ouest, dans un document de 2006, nous rappelle enfin les circonstances de contamination microbienne des médicaments (3).

 

Bonne pratique

Avant de préparer notre seringue d’injection, la désinfection du diaphragme de la carpule d’anesthésique avec de l’alcool éthylique à 70 % (ou alcool isopropylique à 90 %, pour usage pharmaceutique) doit donc être un geste systématique.

Les notices glissées dans les emballages le rappellent laconiquement. Un encadré, suffisamment visible, imprimé sur les boîtes de conditionnement, nous semblerait opportun de la part des fabricants. L’empirisme doit parfois être dépoussiéré, surtout quand au bout d’un geste simple survient un peu plus de sécurité.

 

(1) Nakashima AK. Highsmith AK. Allen JR., et al: Serratia marcescens joint infections following intraarticular injections. Read before the 83rd Annual Meeting of American Society for Microbiology New Orleans, March 1983.
(2) Évaluation des pratiques en anesthésie exposant au risque de transmission croisée, SFAR, CCLIN Paris Nord, SFHH, oct. 2006 Annexe 3, page 39.
(3) Préparation et administration des médicaments dans les unités de soins. Bonnes pratiques d’hygiène CCLIN Sud Ouest 2006, page 14.

Stérilisation et autoclave

L’autoclave est « au centre » de votre chaîne de stérilisation.

Il doit être à cycles de type B (charge poreuse) et réglé en routine pour obtenir une température de stérilisation de 134°C pendant une durée d’au moins 18 mn.

Une circulaire ministérielle du 14 mars 2001 rappelle qu’aucun autre mode de stérilisation (chaleur sèche / poupinel, irradiation, oxyde d’éthylène, gaz plasma basse température…) n’est recommandé pour inactiver l’infectiosité liée aux agents transmissibles non conventionnels (ATNC).

 

Comment choisir son autoclave ?

Lors de l’achat d’un appareil de stérilisation, le choix du chirurgien-dentiste doit se porter sur un petit stérilisateur (moins de 60 litres) à vapeur d’eau qui respecte les 6 points suivant :

  • marquage CE selon la directive 93/42 CEE,
  • conformité à la norme NF EN 13060,
  • cycles de type B (et non de type S ni de type N),
  • présence d’un dispositif d’enregistrement des paramètres des cycles,
  • conformité à la norme NF EN 554 (qualification opérationnelle par le fournisseur ou société spécialisée),
  • conditions de maintenance contractualisables avec le fournisseur ou une société spécialisée (fréquence, types d’intervention, requalification opérationnelle, pièces détachées…).

La tenue d’un «cahier de stérilisation» est préconisée avec l’archivage des contrôles (enregistrement du cycle, intégrateur physico-chimique, test de Bowie-Dick).

A noter : Une enquête réalisée fin 2007 par l’institut lpsos-Santé pour le compte de la direction Générale de la santé (DGS) confirme l’amélioration des pratique des professionnels de santé libéraux en matière de prévention des risques infectieux et de stérilisation, et particulièrement des chirurgiens-dentistes, qui arrivent en tête du palmarès.

 

En savoir +

Guide de prévention des infections liées aux soins en chirurgie dentaire et en stomatologie (DGS, juillet 2006).

Lavage des mains

Les mains sont le principal vecteur des micro-organismes pathogènes ou non pathogènes, présents sur la peau saine et dans l’environnement immédiat du patient. La friction hydro-alcoolique est destinée à éliminer ou réduire la flore transitoire, sur des mains visiblement propres et sèches.

L’OMS a élaboré, fin 2006, trois fiches rappelant les gestes de friction et lavage des mains, avant tout acte de soin :

 

Les personnes se conformant à un lavage des mains régulier ont un risque de subir une infection des voies respiratoires inférieur de 14 % aux autres personnes, de transmettre une infection à d’autres personnes inférieur de 25 % , et de consulter ou prendre des antibiotiques abaissé de 10 % par rapport aux autres. Ces données émannent d’une étude très riche d’enseignement publiée dans le Lancet (en lien ci-dessous).

Ce résultat a permis d’évaluer l’impact clinique des programmes de promotion de l’hygiène des mains, dans un essai randomisé mené en Grande-Bretagne au cours des trois hivers 2011-2013.

+ d’info :
Article Handwashing and community management of infections, The Lancet

Accéder au dossier de l’Inpes « Virus de l’hiver : avec ou sans les mains ? »