Confédération Nationale
des Syndicats Dentaires

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Rendre chaque acteur plus performant

Rendre chaque acteur plus performant

Accès partiel chirugien dentiste Edito Marie Francoise Gondard Argenti

On dénombre actuellement 22000 chirurgiens-­dentistes qui emploient 45 000 salariés, dont environ 23 000 assistant(e)s dentaires, qui, pour 30 % d’entre eux (elles), assistent le praticien au fauteuil de façon régulière. Cela signifie que 70 % des assistant(e)s sont multitâches : un peu d’aide opératoire, de plus en plus d’administratif, beaucoup de stérilisation et de l’accueil énormément. A contrario des chirurgiens-dentistes qui se spécialisent de plus en plus, nos principales collaboratrices – 97 % des assistants dentaires sont des femmes – sont encore trop souvent les shiva du cabinet.

Si l’on considère le cabinet comme une entreprise, certes d’un genre particulier puisqu’elle s’occupe de la santé de nos concitoyens, il est alors normal de réfléchir aux compétences nécessaires pour améliorer la compétitivité et la productivité de la structure dans un système contraint, d’une part par les tarifs, et d’autre part par les possibilités financières des patients. La prochaine Convention ou l’application du règlement arbitral ne fera qu’amplifier les contraintes et l’obligation de réfléchir pour faire autrement afin de préserver l’équilibre économique de nos cabinets. Il nous faut donc réagir vite et adapter notre exercice, notamment en redistribuant les rôles afin que chaque acteur, à sa place, soit le plus performant possible. Les gains de productivité du cabinet ne peuvent plus uniquement se concentrer entre les deux mains du chirurgien-dentiste.

Il est nécessaire que les praticiens « sortent» de leur unique rôle de soignant pour devenir des chefs d’entreprise et des managers d’équipe. Pour amorcer cette mutation, il faut bien évidemment appréhender les emplois et la formation de nos collaborateurs comme une valeur ajoutée et un investissement pour le cabinet, et répartir les taches en fonction des compétences requises pour assurer le service à rendre avec un maximum d’efficacité.

Nous nous retrouvons dans la même problématique que nos confrères médecins qui, pour répondre à la demande, se recentrent sur les actes médicaux et délèguent des taches techniques connexes.

C’est dans cette optique que la commission ad hoc de la Confédération a réfléchi à ce qui pourrait constituer un deuxième niveau d’assistanat plus médico-technique, où un certain nombre d’actes techniques à moindre valeur ajoutée pour le praticien mais chronophages, pourraient être délégués.

C’est aussi pour la Confédération un enjeu majeur pour enfin mettre en place un vrai parcours de prévention et d’éducation thérapeutique de nos patients par du personnel formé qui complètera efficacement les traitements réalisés par le chirurgien-dentiste.

Au sein de la commission paritaire nationale de l’emploi de la branche, les partenaires sociaux sont sur la même ligne car, pour les salariés, la réflexion est synonyme d’évolution de carrière, de parcours professionnel, d’employabilité et de mobilité.

Cette évolution et cette redistribution des tâches deviennent une nécessité dès lors que l’environnement et le financement de notre activité changent. Ne pas uniquement penser solvabilisation de l’exercice du seul praticien mais rémunération pour l’entreprise. c’est un des enjeux de l’actuelle négociation. Ne pas donner ce levier d’évolution signifierait que les pouvoirs publics entendent changer la donne dans la dispensation des soins dentaires, d’autant que le reste à charge zéro est une ineptie si on entend responsabiliser le patient et en faire un acteur de sa santé, sans donner les moyens aux cabinets dentaires de contribuer à une vraie politique de santé publique, notamment par le biais de la prévention qui doit être solvabilisée à la hauteur des enjeux.

Marie-Françoise Gondard-Argenti

1ère vice-présidente

 

Ne pas se tromper d’objectif

Ne pas se tromper d’objectif

Alors que la négociation conventionnelle a repris, avec, enfin, les premières propositions chiffrées de l’Uncam, une polémique visant à déformer les positions de la CNSD a déferlé sur les réseaux sociaux. Le Bureau confédéral rappelle que l’objectif de la CNSD est de parvenir à l’accord le plus favorable pour la profession… ce qui, visiblement, n’est pas le dessein de tous.

Par l’ensemble du Bureau confédéral de la CNSD

 

En juin 2017, toutes les organisations représentant les chirurgiens-dentistes considéraient de manière unanime que le règlement arbitral était la pire chose qui soit arrivée à notre profession. Parce qu’il signe la fin du paritarisme et du dialogue, parce qu’il laisse à l’État le pouvoir de fixer les tarifs et les conditions de leur application, parce que ses clauses de sauvegarde vont rapidement stopper tout le processus de revalorisation car le niveau des objectifs fixé allait être immédiatement dépassé en raison de l’augmentation des demandes des patients.

Toutes réclamaient la reprise du dialogue et toutes se sont félicitées de la réouverture rapide des négociations engagée par la nouvelle ministre, dans des conditions que toutes ont acceptées. Les plafonds sur certains actes de prothèse étaient la contrepartie de revalorisations sur des actes de soins de base, l’essentiel étant que la balance revalorisations/plafonds soit favorable aux chirurgiens-dentistes.

Le reste à charge zéro (RAC zéro), promesse électorale du nouveau président de la République, a immédiatement été identifié par la CNSD comme étant source de complications pour la négociation. La CNSD a réclamé le soutien de toute la profession pour que cet engagement démagogique ne soit pas financé par les chirurgiens-dentistes : c’était l’un des objectifs de la semaine de fermeture pendant le Congrès ADF, ainsi que la volonté de sortir du règlement arbitral.

 

Face aux casseurs

Et là, première surprise : le syndicat arrivé en tête lors des dernières élections URPS en promettant qu’il changerait tout, a refusé de soutenir cette action, et l’a même dénigrée en annonçant que « pour l’instant dans la négociation, tout allait bien ». Il a également minimisé les risques du RAC zéro en accusant la CNSD de vouloir faire peur. Quelle désinvolture ! Quel manque d’anticipation !

La FSDL, puisqu’il faut appeler un chat un chat, a eu les mains libres pour défendre ses positions. Alors que nul ne l’a contredite, nul n’a critiqué ses propositions, elle n’a pas convaincu… Et la profession se retrouve aujourd’hui dans la pire des situations qu’elle ait connues.

Situation que la FSDL entend à nouveau minimiser en clamant que mieux vaut un règlement arbitral délétère aggravé par un RAC zéro mortifère, plutôt que se compromettre en signant un accord dans lequel il n’y aurait pas tout ce qu’elle souhaite. Et tous les coups vis-à-vis des deux autres syndicats sont permis : railleries, dénigrement, réécriture des propositions les rendant caricaturales, déchaînement sur des mots ou des idées sortis de leur contexte… et attaques personnelles calomnieuses, via une stratégie de communication bulldozer éprouvée.

 

Efficience n’est pas un gros mot

L’affichage « Capituler jamais … qu’importe qu’on nous impose pire » peut aussi laisser penser que la FSDL ne serait qu’un syndicat révolutionnaire qui voudrait détruire le système actuel pour rebâtir un monde dentaire idéal. En oubliant que les révolutionnaires n’ont en général rien à perdre contrairement aux chirurgiens-dentistes. Si la destruction du système est relativement aisée, il est illusoire de penser qu’on laissera à la profession la possibilité de reconstruire seule. Les dirigeants politiques et économiques auront la main pour le faire sans prendre de gants.

Robespierre en son temps se présentait comme l’incarnation de la pureté et de la vertu… Combien de morts à la clé ?

La CNSD est profondément réformiste et cherche en tous points à améliorer le système pour l’ensemble de la profession. Elle adopte pour cela une position lucide et réaliste pour sortir du bourbier où nous ont menés les affichages martiaux du premier syndicat. Alors oui, il faut admettre qu’un texte conventionnel est forcément un compromis, que ce compromis a permis jusque-là à notre profession de faire face à ses charges, améliorer globalement la qualité/sécurité des pratiques et dégager des bénéfices. La demande de la société n’est pas plaisante mais on ne peut pas la nier, et, partout dans le monde, dès qu’un financeur intervient dans la solvabilisation des soins, il est des règles universelles en économie de la santé qu’on ne peut méconnaître. Règles que la FSDL semble ignorer, malgré une sommité dans ses rangs qui a du mal à enrichir le vocabulaire de ses confrères et à leur faire lire la définition du terme « efficience » (qui n’est en rien un gros mot synonyme de « bas de gamme »).

 

Lucidité face à l’autopromotion

Alors, ne nous trompons pas d’objectif : pour la CNSD, la défense des intérêts de la profession est prioritaire, au risque de fragiliser sa structure syndicale, victime de dénigrements. Pour la FSDL, il est évident que l’autoglorification et la destruction passent avant tout : parce que signer lui ferait perdre sa raison d’exister, elle dit blanc un jour et noir le lendemain, se comporte en agneau en séance de négociations et en lion sur les réseaux sociaux, en ciblant ses concurrents (et non plus confrères) et en les discréditant pour les empêcher de négocier et aboutir.

La CNSD l’affirme : un accord conventionnel reste la meilleure voie pour sortir du règlement arbitral et faire évoluer notre profession, mais pas un accord à tout prix ! Les clameurs ne règlent rien, seule la vraie discussion avec des arguments réalistes peut convaincre nos interlocuteurs de lâcher du lest. Et aboutir à un texte que nous pourrons signer. On en est encore loin, le parcours est dur, mais il est dramatique que toute la profession ne tire pas dans la même direction.

Des administrateurs à la fois témoins, acteurs et intermédiaires

Des administrateurs à la fois témoins, acteurs et intermédiaires

Une vingtaine de chirurgiens-dentistes en exercice œuvrent au sein de la Caisse de retraite des chirurgiens-dentistes et assurent la médiation entre l’institution et les praticiens. Ces professionnels de santé, qui viennent de toute la France, mettent leur expérience au service du collectif.

3 administrateurs témoignent : Martine Segarra, Eric Quièvre et Cyril Bourgaux

En règle générale, Martine Segarra « monte » à Paris trois à quatre fois par an pour siéger au sein de la CARCDSF. Chirurgien-dentiste depuis 21 ans dans les Pyrénées-Orientales, elle a rejoint les rangs des administrateurs (suppléants) de la Caisse il y a près de dix ans et a longtemps œuvré au sein de la Commission des cas particuliers. « Nous étudions les dossiers de consœurs ou confrères qui connaissent des difficultés plus ou moins passagères et en apprécions la gravité pour définir l’aide à apporter. L’enjeu est d’essayer de leur rendre la vie un peu plus facile. Je suis frappée par la pudeur dont font preuve bon nombre d’entre eux. Ils n’osent pas s’étendre sur leurs difficultés. Certains le vivent comme une honte. De ce fait, nous nous retrouvons avec des dossiers peu étayés. Et c’est souvent insuffisant. Pis, nous pouvons passer à côté de quelque chose. »

Dans ce type de cas, les dossiers sont renvoyés avec une demande de complément d’informations ; ce qui repousse les éché­ances dans leur traitement. « J’invite vraiment les collègues à ne pas avoir peur de dire et d’écrire leurs difficultés. Il ne faut pas hésiter à se tourner vers les représentants locaux. Les administrateurs sont généralement proches des ordres et des syndicats. Ils peuvent facilement être sollicités. »

Lire la suite dans le CDF

Gersende Guillemain, « Des administrateurs à la fois témoins, acteurs et intermédiaires », Le Chirurgiens-Dentistes de France, n°1788-1789 du 22 février – 1er mars 2018

La renonciation aux soins dentaires pour des raisons financières diminue

La renonciation aux soins dentaires pour des raisons financières diminue

Alors que la négociation conventionnelle est en cours, MGEN et Solidaris présentent une enquête sur la confiance et le bien-être.

A la phrase « Au cours des 12 derniers mois, j’ai dû renoncer à des soins dentaires ou à une/des visites chez un dentiste pour des raisons financière» 72,5% des personnes interrogées ne sont pas d’accord ou neutres, cela représente une amélioration de 1,7 % par rapport à 2016.

 

Il apparaît que la renonciation aux soins dentaires pour des raisons financières diminue alors qu’elle est en augmentation de manière significative dans d’autres spécialités médicales (généralistes, spécialistes). Pourtant l’état conserve une vision centrée sur un objectif de reste à charge 0 dans seulement trois secteurs (dentaire, optique, audioprothèse) au risque de les déstabiliser.

Pour en savoir +

Lien vers le communiqué de presse de MGEN

Lien vers l’enquête

Lien vers l’Institut Solidaris

 

 

 

Concordance des espaces-temps

Concordance des espaces-temps

Suite à la réunion du 16 février, Catherine Mojaïsky, présidente confédérale, et Thierry Soulié, secrétaire général, réagissent aux propositions formulées par l’Uncam, qui ouvrent enfin la voie aux négociations chiffrées. 

Notre profession et son exercice sont à la croisée des chemins. Le système qui nous régit depuis des dizaines d’années a atteint ses limites et les dérives qu’il engendre sont partagées par tous : déséquilibre dans la valorisation des actes, rémunération non fondée sur la pertinence, immixtion de la concurrence dans nos espaces de liberté vitaux pour l’économie des cabinets, désaffection des actes peu rémunérateurs… et difficulté d’accès à certains soins pour une partie de nos patients. Mais les solutions défendues par les uns et les autres se télescopent. La raison essentielle est qu’elles se situent dans des espaces-temps différents.

Pour certains, la priorité est à l’amélioration de la rémunération des actes actuellement sinistrés. Quitte à accepter un encadrement des honoraires libres, l’essentiel étant que la capacité à financer les cabinets dentaires et à dégager un revenu correct soit préservée. Certes, la graduation de ce qui est souhaité est variable : il est logique que lorsque se pose la question de « voulez-vous doubler, tripler… voire quadrupler ? » la réponse soit « le plus possible ». Mais le citoyen payeur qui se cache derrière chaque chirurgien-dentiste comprend que tout investissement doit être issu d’une recette, surtout quand les déficits de notre pays sont abyssaux.

Pour d’autres, le salut se situe dans un changement complet de paradigme : le tout prévention doit mener à la disparition de la maladie bucco-dentaire. La volonté d’aller vers une médecine bucco-dentaire différente, qui tienne compte des évolutions épidémiologiques et politiques, devrait être aujourd’hui partagée par tous. Cependant, cette approche se place dans un espace-temps différent, car elle ne produira des effets qu’à moyen et long termes. Et elle engendre de vraies interrogations sur le modèle économique qui ne peut en aucun cas se superposer au modèle actuel.

D’autres encore ne parlent que d’excellence, regardant avec condescendance ceux qui rament au quotidien pour répondre au mieux aux demandes de leurs patients, avec les moyens qui leur sont donnés. Si l’objectif d’excellence est indispensable pour tirer toute la profession vers le haut, il ne peut en aucun cas être un modèle, surtout quand il se confronte à la notion fondamentale d’efficience, à savoir le rapport qualité-prix essentiel pour tout financeur.

Il y a, enfin, la vision de nos politiques, qui ne voient qu’une chose : les difficultés d’accès aux soins à la prothèse dentaire. Dans une approche démagogique liée aux promesses d’amélioration du pouvoir d’achat, ils entendent régler brutalement le problème, en baissant les tarifs et en augmentant les prises en charge, le tout sans bourse délier ! Or, il se trouve qu’ils ont tout pouvoir d’arriver à leurs fins, sans tenir compte de nos oppositions, au risque de détruire toute reconstruction de notre exercice, au détriment de la pertinence et de la qualité.

Les propositions faites le 16 février par l’Assurance maladie marquent un virage essentiel vers une approche plus préventive. Il faut le souligner et s’en réjouir. Elles reprennent aussi nombre de propositions visant à améliorer la pertinence des choix thérapeutiques, en les déliant du financement.

Mais il y manque l’essentiel : la préservation de l’équilibre économique dans l’espace-temps actuel. Entre les revalorisations réelles et les baisses tout aussi impactantes des tarifs de prothèse, il apparaît que le compte n’y est pas.

L’objectif des prochaines semaines sera d’améliorer cet équilibre afin que la profession sorte avec un gain net de cette profonde restructuration. Tout en ouvrant la porte sur tous les espaces-temps, pour permettre de construire une autre médecine bucco-dentaire. En se donnant le temps et les moyens… Et c’est seulement au bout de la négociation qui commence, qu’il sera possible de décider s’il y aura, ou non, signature d’une nouvelle convention.

Catherine Mojaïsky

Présidente

 

Après 2 mois de suspension, la négociation a repris

Après 2 mois de suspension, la négociation a repris

Vendredi 16 février s’est tenue au siège de la Cnamts une séance plénière de négociations avec, à la clé, les premières propositions chiffrées de la part de Nicolas Revel, directeur de l’Uncam.

Toujours pas de texte mais un rappel des objectifs, et un déroulé autour de quatre thèmes : la revalorisation des actes, la réduction du reste à charge, l’impact pour les chirurgiens-dentistes et la prévention.

Rien de nouveau en somme, les objectifs se résumant à des principes maintes fois réitérés, à savoir l’amélioration de la prévention, le recours à des soins conservateurs plus respectueux des tissus dentaires, le tout conditionné à une diminution du reste à charge des patients. Si l’affichage ne peut être contesté, les propositions pour atteindre ces objectifs sont, en revanche, plus contestables, en tous cas bien éloignées de nos attentes. Tout n’a pas été dévoilé, notamment la chronologie de mise en œuvre, mais à ce stade, et sans être exhaustifs, nous pouvons dresser un premier bilan de ces propositions.

Au rayon des satisfactions, nous prenons acte de la volonté d’une implication plus grande dans la prévention au travers d’expérimentations de prise en charge d’un forfait, de l’introduction de l’application de vernis fluorés dans le champ du remboursement, de l’extension de l’EBD, d’une augmentation de la valeur des scellements de sillons, et de la reconnaissance de l’importance de l’assainissement parodontal chez les patients diabétiques. Tout cela est plutôt encourageant, même s’il reste à améliorer et préciser encore beaucoup de choses.

Bilan très mitigé en ce qui concerne les revalorisations des actes opposables ! Étant donné l’enveloppe allouée, nous n’attendions pas de miracle… et il n’y en a pas eu. Un effort est porté sur les restaurations par matériaux insérés en phase plastique, sur les avulsions des dents temporaires, ainsi que sur les actes d’endodontie. Bien qu’insuffisants, ces investissements vont dans le bon sens ; ils devront être poursuivis dans le temps pour combler le retard pris au cours des dernières décennies.

Déception concernant les inlays-onlays pour lesquels nous saluons néanmoins l’amélioration de la prise en charge. Mais si, comme nous l’appelons de nos vœux, l’Uncam souhaite une évolution des pratiques, les plafonds proposés devront être significativement revus à la hausse et les techniques être différenciées à l’identique de couronnes céramo-céramiques par exemple.

Des oublis aussi… Rien sur les avulsions des dents définitives, notamment concernant les patients à risque hémorragique. L’Uncam voudrait engorger les hôpitaux qu’elle ne s’y prendrait pas autrement. Il est inconcevable que cette part chirurgicale de premier recours ne soit pas prise en compte.

Quant au rééquilibrage, force est de constater que nous n’en avons pas la même conception que l’Uncam. Et que la vision des financeurs ne rejoint pas celle des soignants. Par exemple, les actes du panier de soins CMU-C comptabilisés comme des gains pour la profession, sont en fait des pertes pour les praticiens, quand on sait que la modicité des tarifs de certains actes les rend impossibles à réaliser. Et que dire du silence occasionné par l’alignement des tarifs ACS au niveau de la CMU ?

Il est des promesses électorales qui, à l’identique du service national universel, virent au casse-tête. C’est le cas du « reste à charge zéro » qui est un des thèmes qui conditionneront la signature ou non du texte conventionnel. Les projections qui ont été faites sont de nature à nous interroger sur le devenir de la profession, et il ne saurait être question d’une « CMU bis » étendue à l’ensemble des citoyens.

Quid de l’avenir ? Même si elles ont débuté à l’automne, ces négociations ne viennent en fait que de commencer. Rien ne nous incite à signer à ce stade car nous n’obtenons guère mieux que le règlement arbitral et il serait incohérent de nous engager sur un texte qui ne ferait pas mieux que l’avenant n° 4.

Des éléments fondateurs pour l’avenir se trouvent dans les propositions qui nous ont été faites, nous en prenons acte, mais il ne faudrait pas qu’au nom du dogme du reste à charge, on oublie les vrais enjeux de santé publique et que nous aboutissions à une planification administrée de l’activité dentaire. Pour le moment, nous avons le sentiment d’un retour à la maîtrise comptable dont on connaît les effets pervers. Nous persistons à penser qu’il y a des marges de manœuvres, si, au-delà des affichages, des dogmes et des principes d’un autre temps, les financeurs et les politiques comprennent les enjeux, desserrent l’étau des plafonnements et revoient leur notion de rééquilibrage. C’est à ce prix que la CNSD pourra s’engager dans un nouveau modèle et de nouveaux paradigmes… mais nous en sommes encore loin.

Dr Thierry Soulié – secrétaire général

Voir les propositions de l’Uncam (16 février 2018)