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Contre les réseaux... un réseau

reseau visuel tinuagesLa CNSD a suffisamment capitalisé d’expériences et de réflexions autour des réseaux pour en tirer  aujourd’hui des conclusions. L’idée d’un « réseau libéral » s’impose désormais. Après son discours de Biarritz, Catherine Mojaïsky plante le décor.

 

Par Catherine Mojaïsky, présidente confédérale

 

 

Il existe deux types de réseaux de soins : ceux qui regroupent autour des patients des professionnels de santé dans un territoire défini. Les critères de regroupement peuvent être une pathologie donnée, souvent chronique ou de prise en charge globale préventive. L’objectif est d’améliorer la prise en charge d’une pathologie ou d’un type de populations précis par la coordination des professionnels qui s’engagent à assurer la continuité des soins et à amé améliorer leur qualité, avec des protocoles définis en commun, tout en mesurant les coûts engendrés. Et il y a les réseaux mis en place par les assureurs avec un objectif : réguler les dépenses et « gérer le risque », via des accords de modération tarifaire en contrepartie d’une solvabilisation améliorée des patients sans que cette dernière soit pour autant garantie. Ce sont ceux-là qui posent problème.

 

Certains oublient que le premier gestionnaire de réseau en France est l’assurance maladie obligatoire via les Conventions nationales avec les professionnels de santé. Les réseaux d’assureurs privés se sont développés dans tous les pays quand les tarifs ne sont pas régulés et donc soumis aux règles concurrentielles. C’est pourquoi en France, ce sont les actes à honoraires libres ou non remboursables par la Sécurité sociale qui sont visés. Dans d’autres pays où aucune prise en charge n’existe pour les soins dentaires, ce sont tous les actes qui sont concernés, avec des tarifs divers et des modalités de prise en charge et de facturation variées, très complexes à gérer pour le praticien (voir encadré témoignage sur les États-Unis).

 

Des pratiques pas toujours bonnes !

 

Le rapport de l’Assemblée nationale préparatoire à la loi Le Roux sur les réseaux de soins décrit la constitution de ces der- niers par une « contractualisation entre les organismes complémentaires d’assurance maladie et des professionnels de santé qui repose sur la combinaison d’engagements réciproques, portant essentiellement sur :

  • -          le contrôle de la qualité des services rendus aux assurés (…),
  • -          la mise en place du tiers payant,
  • -          le respect d’une certaine modération tarifaire (…) »

Ce rapport affirme que le réseau ne peut pas porter atteinte au libre choix du patient et que la sélection des professionnels devra reposer sur des critères objectifs, transparents et non discriminatoires. Or la pratique constatée est bien différente car les critères de recrutement sont tout sauf transparents et objectifs. Quant à la qualité, elle n’est généralement qu’un postulat publicitaire, reprenant les règles professionnelles, essentiellement déontologiques, auxquelles sont soumis tous les chirurgiens-dentistes, qu’ils adhèrent ou non à un « réseau ».

 

La Charte de bonnes pratiques négociée et signée en 2013 par l’Unocam et la CNSD reprend ces principes énoncés par les parlementaires. Depuis sa signature, cette charte est entendue par certaines complémentaires comme un simple engagement moral à respecter des principes, les signataires n’ayant pas le pouvoir de contraindre toutes les composantes de l’Unocam. Or, malgré la validation de cette charte par toutes les fédérations d’organismes complémentaires, on constate que les principes affirmés ne sont pas toujours respectés par les représentants des complémentaires. Il nous remonte par ailleurs que certains praticiens « adhérents des réseaux » sont tout aussi irrespectueux des principes déontologiques listés.

 

Fort de leur légitimité et du label « accès aux soins » et « qualité » qu’ils s’attribuent, les réseaux non négociés s’enhardissent dans les franchissements de ligne. C’est pour stopper les dérives que la CNSD a déposé plainte contre Santéclair devant l’Autorité de la Concurrence en raison de la distorsion de concurrence constatée.

 

Dialogue difficile

 

Le ton monte et la situation s’envenime entre les assureurs complémentaires et les professionnels de santé, chacun campant sur son bon droit. Le dialogue est difficile et la défiance est devenue la règle, allant parfois jusqu’au dénigrement.

 

Par ailleurs, l’échec de la négociation avec Kalivia a montré qu’il n’est plus possible aujourd’hui de concevoir un accord avec un organisme complémentaire comme en 1996 avec la MGEN. La prise en compte de l’économie globale d’un cabinet dentaire ne permet pas de limiter la discussion à la seule amélioration de prise en charge et à la régulation des actes à honoraires libres : il faut réformer totalement le système, et seule la revalorisation importante des actes à tarifs fixés peut permettre une limitation des honoraires des actes libres. Arrêtons donc le rafistolage ! C’est dans le cadre de la négociation conventionnelle nationale tripartite que cette restructuration doit se faire, et la voie semble ouverte depuis que le 13e Congrès de la CNSD a validé cette orientation, confortée par les déclarations du directeur général de l’Uncam, Nicolas Revel lors du congrès de la Mutualité.

 

Un super réseau libéral

 

Cependant, si cette restructuration aboutit, les réseaux n’en disparaîtront pas pour autant car la concurrence entre organismes complémentaires subsistera. Et c’est là que l’idée du réseau libéral prend tout son sens. Il s’agit de mettre en place un « super réseau » auquel adhéreraient les chirurgiens-dentistes d’une part, les complémentaires santé d’autre part. Il serait la réponse aux réseaux à adhésion individuelle que nous rejetons et ferait perdre sa raison d’être aux plateformes de services. Les adhésions se feraient sur la base d’un cahier des charges définissant des engagements des uns et des autres. Quels pourraient être les critères d’engagement ? Ceux figurant dans la Charte de bonnes pratiques, évidemment. Mais également des critères de qualité et de services basiques ou un peu plus évolués, sans aller jusqu’aux exigences d’excellence restrictives. Et pourquoi pas des éléments propres au premier type de réseaux de santé défini (prise en charge des maladies chroniques, prévention, parcours de santé) ?

 

L’objectif sera d’y faire adhérer un maximum de confrères et d’organismes complémentaires, et pourquoi pas tous, pour supprimer tout détournement de patients. La confiance nouvelle entre praticiens et OCAM se ferait autour et au profit du patient qui ne sera plus tiraillé entre les deux.

 

Ce réseau sera aussi un lieu d’échanges avec les complémentaires, un vecteur pour la dématérialisation ou le tiers payant choisi, etc. Le garant sera une instance paritaire où se feront le dialogue, la négociation, la résolution des difficultés ou dysfonctionnements, la médiation en cas de dérives.

 

Tout reste à faire… la première étape sera de convaincre les uns et les autres de l’intérêt de s’engager autour de critères définis ensemble.

 

Tout le monde y gagnera !

 

 

 

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CNSD-Kalivia : les raisons d'un blocage

Après un long flirt avec la CNSD et à l'heure où Kalivia lance unilatéralement son offre de partenariat vers les chirurgiens-dentistes, une mise au point s'imposait. Interview croisée de Laurent Borella, président de Kalivia, et de Thierry Soulié, secrétaire général de la CNSD, preuve déjà que le dialogue n'est pas rompu...

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CDF : Les « réseaux » sont actuellement au centre de l'actualité du monde dentaire. Alors, mode ou nécessité ?

Laurent Borella : Nous n'y voyons en aucun cas une « mode » mais plutôt la volonté de faciliter l'accès aux soins prothétiques et conservateurs en diminuant le reste à charge de nos assurés, de rechercher pour eux la qualité et l'accès à de nouvelles techniques, et enfin de faciliter le processus de facturation et de tiers payant dentaire.

Thierry Soulié : Je ne parlerai pas de mode mais plutôt de constat : celui de l'insuffisance de la prise en charge des soins dentaires de la part de l'Assurance maladie qui n'a pas su faire évoluer sa participation au financement dans notre domaine. Cette politique a laissé le champ libre aux assureurs complémentaires qui ne veulent plus être payeurs aveugles. Si nous pouvons comprendre cette « nécessité » actuelle, nous persistons à dire qu'il y avait moyen de faire autrement et que les réseaux tels qu'ils fonctionnent ne répondront pas à la problématique de l'accès aux soins.

 

Et pourtant vous avez accepté de mener ensemble, pendant plus d'un an, des négociations sans arriver à conclure, pourquoi cet échec ?

L. B. : Je tiens d'abord à souligner que nos échanges avec la CNSD ont été de très grande qualité. Cette négociation nous a d'ailleurs aidés à définir un concept de réseau en adéquation avec les attentes des dentistes. L'expression démocratique de la CNSD a dit « non » à ce projet de réseau. Dont acte...

 

T. S. : Ne pas être d'accord avec la philosophie des réseaux ne doit pas exclure la possibilité de trouver un terrain d'entente. Les réseaux sont une réalité, la loi doit être res- CNSD-KALIVIA Les raisons d'un blocage pectée et la CNSD ne demandera jamais d'enfreindre la loi. C'est pourquoi, quand Kalivia nous a proposé de nous rencontrer, nous avons accepté. C'était audacieux de leur part, ils ont eu l'intelligence de venir vers nous. Tendues au début, ces négociations ont permis d'évoluer vers une compréhension des exigences de l'autre. Mais nous n'avons pas obtenu suffisamment de garanties pour apposer notre signature au bas de la page.

Qu'est-ce qui a coincé selon vous?

 

L. B. : Nous avons travaillé en amont avec la CNSD, que nous percevions comme ouverte dans les discussions. Mais les échanges se sont cristallisés autour des questions tarifaires. Nous pouvons comprendre cette position politique mais nous ne voulons en aucun cas entrer maintenant dans cet autre débat sur les réseaux.

 

T. S. : Nous partions de trop loin ! Même si chacune des parties a fait un bout de chemin, l'écart entre les exigences respectives était trop grand pour qu'on puisse le combler. Nous comprenons la position de Kalivia qui est en concurrence avec d'autres réseaux commercialement très agressifs. Mais demander à la profession de limiter les honoraires de tous les actes qui constituent le poumon économique des cabinets sans déblocage de ceux qui plombent l'activité, est juste impossible. Si cette négociation a permis à Kalivia d'appréhender la problématique bucco-dentaire, leur évolution a été insuffisante.

 

Kalivia lance unilatéralement son appel d'offres vers tous les chirurgiens- dentistes. Pensez-vous que les praticiens vont rejoindre ce réseau ?

 

L. B. : Nous sommes en pleine révision des garanties des contrats responsables, et il y a une forte demande de nos adhérents pour une amélioration des prises en charges sur le dentaire, lequel laisse des restes à charge élevés. Nous sommes également sous la pression concurrentielle, comme le signale Thierry Soulié. Nous ne pouvions plus attendre, nous avons donc décidé d'avancer. Dix millions de personnes attendent ce réseau qui sera ouvert à partir du 1er juillet. Du côté des praticiens, l'appel à rejoindre notre partenariat est lancé depuis avril. Plusieurs milliers de chirurgiens-dentistes ont manifesté un intérêt pour le réseau et une partie raisonnable a acté son engagement. Nous comptons ainsi aujourd'hui dans notre réseau des praticiens de toutes compétences et tout type d'exercice (libéraux ou centres de santé) avec un maillage géographique complet. Nos outils techniques sont également opérationnels avec, grâce à la saisie en ligne du devis, le renseignement immédiat du reste à charge et ajoutons la garantie totale de paiement.

 

T. S. : Pour nous, il est impossible de répondre à cette question, car les situations sont variables d'une région à l'autre. Nous pensons que les adhésions à ces réseaux sont davantage liées à des difficultés de terrain qu'à une véritable philosophie d'accès aux soins. Raison pour laquelle nous affirmons que dans leur fonctionnement actuel, ils ne répondent pas à cette problématique malgré ce qui est annoncé. À ce jour, le seul accord que nous avons accepté est le protocole signé avec la MFP qui a contribué à améliorer la prise en charge de certains actes prothétiques et orthodontiques. Mais c'était il y a presque 20 ans, la donne a changé depuis.

 

Justement, certains accusent la CNSD d'avoir fait, avec ce protocole, le lit des réseaux de soins actuels. Que répondez-vous à cette affirmation ?

 

T. S. : C'est absurde, les réseaux existaient bien avant dans les pays où la protection sociale est absente ou déficiente. C'est bien l'insuffisance de prise en charge qui fait le lit des réseaux, pas la CNSD ! Les mettre sur notre dos est l'argument simpliste de ceux qui prônent une liberté totale sans régulation ou, à l'inverse, une mainmise complète de la Sécurité sociale. Ces mondeslà n'existent que dans leurs rêves. Sans s'en rendre compte, ils contribuent par leurs discours à engraisser le terreau de ce qu'ils combattent, c'est paradoxal ! En ce sens, ils se comportent en pompiers pyromanes de la profession. Le protocole MFP lors de sa création ne se situait pas sur le même niveau, il répondait à une demande mutualiste ciblée, avec des prestations améliorées et lisibles, en échange de plafonnements négociés sur un panier de soins réduit, dans un accord gagnant-gagnant tant pour les patients que pour les praticiens. Les réseaux actuels ne sont pas dans cette logique ; ils exigent des praticiens des obligations et des contraintes disproportionnées au regard des avantages réels.

 

Pour revenir au réseau qui nous intéresse, celui de Kalivia, les clauses du partenariat, telles que proposées actuellement, ont-elles évoluées ?

 

L. B. : La CNSD maintenait le principe d'une grille tarifaire unique sur tout le territoire avec possibilité de dérogation à 20 %. Nous avons pris en compte la réalité du coût des soins dans les départements, telle que constatée par la CNAM dans ses statistiques et sommes revenus à une départementalisation des tarifs avec des écarts allant de -5 % à +20 % par rapport aux moyennes d'honoraires constatées en France. Nous estimons ainsi qu'une bonne moitié des chirurgiens-dentistes peuvent entrer dans le réseau sans modifier leurs tarifs sauf peut-être à la marge. Nous ne visons pas 100% des chirurgiens-dentistes mais le maximum. Nous sommes persuadés que les chirurgiens-dentistes partenaires vont s'apercevoir du bien-fondé du réseau et en parleront autour d'eux. Quant aux autres principes, rien n'a changé : une charte qualité identique et le principe d'une réévaluation annuelle des plafonds toujours acquis. Et nous sommes plus que jamais et fondamentalement dans un réseau ouvert basé sur des accords individuels.

 

T. S. : Nous avons toujours défendu le principe d'une grille tarifaire unique, surtout actuellement où nous constatons de grandes disparités démographiques. Nous pensons qu'afficher des tarifs différents d'une région à l'autre ira à l'encontre de l'accès aux soins harmonisé sur le territoire. En effet, qu'est-ce qui peut encourager un nouveau diplômé à s'installer dans une zone où à activité comparable, ses honoraires seront inférieurs ? Nous comprenons la logique assurantielle, mais nous persistons à dire qu'elle contribuera à accroître les disparités démographiques.

 

On parle d'une charte Qualité. Quelle place accordez-vous à la qualité ?

 

L. B. : La Qualité ne doit pas être un sujet conflictuel. Nous nous appuyons sur les textes et publications de la profession, rien de plus. C'est d'ailleurs avec la CNSD que nous avons rédigé cette charte. Nous n'envisageons aucun processus d'accréditation ni d'audit. Une instance de discussion et de concertation sera mise en place pour statuer sur les cas problématiques et envisager des évolutions.

 

T. S. : En ce domaine, il n'y a pas de souci à se faire, la qualité nous l'encourageons et nous n'avons attendu personne pour la promouvoir ; il n'y a qu'à comparer une unité de soins d'aujourd'hui avec celle d'il y a une vingtaine d'année. Notre pays est l'avant-garde en matière de formation, d'hygiène et d'asepsie et nous comptons bien le rester ! D'ailleurs lors notre Congrès nous nous sommes engagés à créer notre « réseau libéral » qui fera, entre autres, la part belle à la qualité.

 

Pourriez-vous nous en dire un peu plus ?

 

T. S. : Nous sommes conscients de l'exigence grandissante des usagers en termes de sécurité, de qualité, d'hygiène et d'asepsie. Tout ceci relève d'une évolution sociétale à la laquelle notre profession doit répondre. Mais nous ne pouvons accepter que ces obligations nous soient imposées uniquement selon des critères définis par d'autres. C'est à la profession de dire ce qu'il est raisonnable de faire, ce qui peut être amélioré, pour tendre vers plus de qualité- sécurité. C'est une attitude responsable qui peut être partagée avec les organismes complémentaires qui souhaitent travailler avec nous.

 

Monsieur Borella, vous nous confiez avoir lu très attentivement le discours de candidature de Catherine Mojaïsky au congrès de Biarritz. La création d'un « réseau libéral » à l'initiative de la CNSD n'a pas dû vous échapper. Qu'en pensez-vous ?

 

L. B. : Je peux tout à fait comprendre que la CNSD puisse s'organiser pour faire émerger les bonnes pratiques autant cliniques que tarifaires. Si ce réseau voit le jour, il ne pourra éviter les questions tarifaires et le rééquilibrage des actes conservateurs par rapport aux actes prothétiques. Ce projet est donc logique dans la position de la CNSD. Elle veut jouer un rôle de régulation : welcome !

 

Après un flirt assez poussé entre CNSD et Kalivia, est-ce aujourd'hui la rupture ?

 

T. S. : Dire « non » ne veut pas dire qu'aucun accord ne sera jamais trouvé. Tant que le mot « réseau » sera synonyme de contraintes et de baisse des honoraires alors que les actes opposables sont maintenus à leur niveau actuel, la profession n'acceptera pas d'entrer dans cette logique. En tous cas, la CNSD refuse, même si les responsables de Kalivia ont fait preuve de plus d'ouverture que leurs concurrents. Le problème actuel reste l'insuffisance de valorisation des soins opposables. On ne pourra éternellement fonctionner avec une solvabilisation sectorisée ; les actes opposables pour l'Assurance maladie, les actes libres pour les complémentaires. Ce modèle devient intenable et est responsable de la situation actuelle. Seule une réforme structurelle dans un cadre tripartite pourra donner un nouveau sens à la contractualisation. Une nouvelle négociation conventionnelle devrait s'ouvrir en 2016. Il sera temps alors de revoir avec les composantes de la complémentarité comment envisager des accords gagnants-gagnants.

 

L. B. : Pas de rupture de notre part, et je reviens à ce projet de « réseau libéral » ; s'il émerge cela facilitera le rapprochement de Kalivia avec la CNSD. Avec les chirurgiens- dentistes, nous ne sommes pas dans le business comme dans l'optique. En allant vers les chirurgiens-dentistes, nous allons vers des professionnels de santé.

 

Propos recueillis par Serge Deschaux

 

 

 

 

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Comparer, c'est gagner !

9 visuel reseauxAider les patients à se repérer parmi toutes les offres assurantielles, savoir répondre à leurs questions... Tel est l'objectif du comparateur de mutuelles mis en place par la CNSD.

 

Face au désengagement rampant de l'assurance maladie obligatoire, l'accès aux soins prothétiques et orthodontiques n'est aujourd'hui possible pour le plus grand nombre des patients que grâce aux remboursements versés par les organismes complémentaires d'assurances maladie. Les contrats proposés par ces derniers présentent toutefois un rapport coût/prestation très variable et les patients ont toutes les difficultés du monde à se retrouver dans la jungle des garanties. Les arguments parfois fallacieux des « vendeurs » (400 % voire 500 % sur des actes opposables ou non remboursés par la Sécurité sociale par exemple, c'est-à-dire 0€ !), le langage abscons des contrats, les petits caractères en bas de page et les astérisques renvoyant à des exclusions en fin de document, aggravent cette situation.

 

Rétablir la vérité

La CNSD a décidé de réduire cette asymétrie d'information et d'aider les patients à retrouver leur chemin dans le dédale des propositions assurantielles. Elle a donc créé un document à télécharger qui doit les interpeller, les amener à se poser des questions sur leur complémentaire santé et leur donner quelques clés pour bien choisir leur contrat. Il permet également de trouver les arguments pour lutter contre la désinformation pratiquée par certaines plateformes de services assurantielles qui masquent la faiblesse de leurs remboursements en laissant croire que les honoraires sont trop élevés. Ce document aide à rétablir la vérité sur le reste à charge et révèle la défaillance de leur couverture complémentaire santé.

 

Action syndicale

En cette période de mise en place des contrats d'assurance maladie complémentaire collectifs d'entreprise, rendus obligatoires par l'ANI (Accord national interprofessionnel), ce document peut éclairer la prise de décision de certaines TPE/PME. Les représentants des salariés et les employeurs y trouveront les points essentiels d'une bonne couverture complémentaire pour les soins dentaires, notés à l'aide d'un code couleur simple et facile à lire.

 

comparateur mutuelles patients avril2015-2

 

Ce flyer est à placer bien en évidence à l'accueil ou à diffuser largement, en se préparant à répondre aux questions que sa distribution ne manquera pas d'engendrer ! Une action syndicale peu contraignante et facile à mettre en place, à laquelle chacun est invité à participer !

 

Dr Daniel Hugues

Le «problème» Santéclair


Par son action contre Santéclair devant l'Autorité de la concurrence, la CNSD rappelle que les plateformes assurantielles ne peuvent, sous couvert de « favoriser la libre concurrence », biaiser celle-ci par des pratiques déloyales. Le détournement des patients, la désinformation des assurés, le harcèlement permanent par des «reportages » sur les « tarifs excessifs », l'exigence d'accès aux informations confidentielles couvertes par le secret médical sous la menace et le chantage aux remboursements, etc., il y a là toute une stratégie de « triche » qui, bien sûr, ne dit pas son nommais se traduit clairement par une violation systématique de dispositions législatives et réglementaires. Dans cette stratégie, certains assureurs et courtiers s'appuient sur un allié de taille : la difficulté pour un chirurgien-dentiste isolé de faire valoir le droit face aux puissants conglomérats assurantiels et financiers. Seule l'action collective permet de faire respecter la légalité. En décidant de saisir l'Autorité de la concurrence, la CNSD s'est inscrite dans une ligne politique toujours réaffirmée : la loi au-dessus de tous. La défense des intérêts de la profession et de chaque chirurgien-dentiste passe nécessairement par la protection des libertés fondamentales de chaque praticien, de chaque patient. Cette action a besoin de l'aide de tous, vos témoignages sont essentiels pour en assurer la réussite.

 

Apportez vos témoignages sur tout ce qui vous paraît illégal lorsque votre patient fait l'objet de sollicitations contraires aux droits et libertés garantis par la loi,

soit à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ,

soit par voie postale à : Secrétariat Général de la CNSD 54,rue Ampère 75017 Paris.

 

L'expérience USA

 

L'Association des chirurgiens-dentistes du Québec a fait paraître dans son magazine «Point de Contact» de mars-avril, les témoignages de deux praticiens partis travailler aux USA. Voici des extraits sélectionnés selon trois thèmes d'un article que vous pouvez télécharger ici. Ils illustrent parfaitement les dérives hégémoniques des assurances sur la santé.

 

L'obligation de contracter

Dr Vallée : Les dentistes doivent signer un contrat avec chacun des assureurs. Ces derniers établissent leurs prix selon les critères suivants : la région, le niveau de vie de la ville, le nombre de cabinets affiliés à l'assureur et le nombre d'assurés. C'est une question d'offre et de demande. Plus il y a de dentistes participants et d'assurés, plus les prix sont bas.

 

Dr Manh : Aux États-Unis, le dentiste signe un contrat l'obligeant à facturer les prix fixés par l'assureur. Au Québec, dans des villes où il y a plusieurs dentistes, les prix peuvent grandement varier, car certains sont prêts à demander des tarifs inférieurs afin d'attirer le plus de patients possible. À terme, si certains dentistes signent des contrats avec les assureurs les contraignant à accepter des baisses de tarifs importantes, ce seront tous les autres qui en paieront le prix.

 

Négociation tarifaire

Dr Vallée : (...) La plus grosse compagnie d'assurance avec laquelle notre cabinet fait affaire a effectué un grand changement qui a affecté tous ses dentistes. Auparavant, elle approuvait les honoraires habituels que chaque dentiste demandait individuellement. Depuis janvier 2015, elle impose des tarifs fondés sur la moyenne que les dentistes lui soumettent et la région où ils pratiquent. Il n'y a plus de négociation possible, et nous ne pouvons plus décider des augmentations annuelles nécessaires. C'est la compagnie d'assurance qui détermine le tarif de tous les traitements.

 

Délai de prise en charge

Dr Manh : Quand on communique avec l'assureur pour un plan de traitement, il s'écoule quatre semaines avant d'avoir une réponse. Si on téléphone avant pour avoir un suivi, on nous répond que ça ne fait pas encore quatre semaines. À ce stade, le patient a deux possibilités : ou il reçoit le traitement sans savoir le montant auquel il aura droit, ou il attend. S'il choisit d'attendre et que nous sommes en fin d'année, il risque de perdre les montants admissibles pour l'année en cours.

 

Dr Vallée : Pour certains traitements, il y a deux paliers d'assurance à prendre en considération : l'assurance dentaire et l'assurance médicale. Je transmets toujours la réclamation à l'assurance dentaire d'abord. Si celle-ci refuse de payer sous prétexte que c'est l'assurance médicale qui couvre les soins et que le patient refuse de nous fournir l'information à propos de cette dernière, je ne suis pas payé et je dois poursuivre le patient. Cette situation s'est produite à quelques reprises, et depuis nous ne prenons plus de risque et demandons les renseignements concernant l'assurance médicale au patient également. Il faut vraiment penser à tout.

 

 

 

 

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Protocole MFP-CNSD / Les «couacs» de la vie d'un partenariat

 

3 visuel reseauxLes chirurgiens-dentistes ont reçu courant avril 2015 un courriel envoyé par MFP-Services ayant pour sujet l'évolution de la gestion MFP-Services et ses impacts. Le contenu de ce courriel décrit de nouvelles procédures de gestion des règlements et une information technique de mise à jour des tables complémentaires avec de nouveaux paramètres dans les logiciels. Ce courriel est destiné aux professionnels de santé qui font du tiers payant par l'intermédiaire des demandes de remboursement (DRE). Les chirurgiens-dentistes ne sont pas concernés. Le contenu très technique de ce courriel est incompréhensible pour les chirurgiens-dentistes et a semé le trouble lors de sa réception car inadapté. Lorsque des tables complémentaires sont à mettre à jour, c'est par l'intermédiaire de l'éditeur de logiciel que cela se fait.

 

Cette lettre d'information ne s'adresse pas aux actes inscrits dans le cadre du protocole MFP-CNSD. La procédure concernant le tiers payant n'est pas changée. Le praticien indique que le tiers payant est pratiqué en cochant les cases « tiers payant assurance maladie obligatoire » et « assurance maladie complémentaire » sur la feuille de soins électronique ou papier lorsque la mutuelle gère aussi le régime obligatoire. Uniquement la case « assurance maladie complémentaire » pour le tiers payant sur la part complémentaire. Il faut regretter l'envoi de ce courriel par les services techniques sans concertation préalable avec les partenaires du protocole MFP-CNSD. La CNSD l'a signalé au président de la MFP, l'informant que de tels dysfonctionnements avaient des conséquences sur notre exercice.

 

 

 

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Protocole d'accord CNSD-MGEN 1996 : année de signature

 

8 visuel reseauxIl y a près de 20 ans, Jacques Reignault, président de la CNSD signait un protocole d'accord avec la MGEN. Retour avec Daniel Roblin, acteur incontournable d'une négociation longue et ardue qui a conduit à la création de ce réseau qui a fait date.

Au début des années 90, quels étaient les rapports entre les chirurgiens-dentistes et les organismes mutualistes ? On pourrait dire inexistants ou tout au moins inefficaces. Il y avait eu des rencontres de haut niveau entre Jacques Monnot, président de la CNSD, et Henri Teulade, président de la FNMF, auxquelles j'assistais où les principes fondamentaux des uns et des autres étaient affirmés. Rien de concret ne pouvait en découler car les objectifs étaient différents.

 

La position de la Confédération était claire, défendre l'exercice libéral des chirurgiens-dentistes et favoriser l'amélioration des remboursements des actes sinistrés parce que non réévalués à la Nomenclature depuis de nombreuses années et dont les perspectives d'amélioration n'étaient pas à l'ordre du jour.

 

La Mutualité dans son ensemble, pour conforter ses adhérents, souhaitait un tiers payant généralisé et créait des structures de soins dont, pour ce qui nous concerne, les cabinets dentaires mutualistes qui, n'ayant pas les mêmes charges (taxe professionnelle) et percevant des aides publiques, pratiquaient des honoraires plus intéressants parfois mais à un nombre limité de leurs adhérents : ceux qui résidaient près de ces centres. C'était une mauvaise analyse. Nous avons combattu ces créations auprès des pouvoirs publics pendant de nombreuses années.

 

Le tiers payant n'a jamais amélioré le remboursement. Il procure la dispense d'avance de frais et l'exemple des pharmacies d'officine ne peut être utilisé car le prix des médicaments est fixé par décret. À moins d'en faire autant pour ce qui concerne une nomenclature datant de 1960 et de supprimer l'inopposabilité de certains de nos actes, cela ne réglait rien. Quant aux cabinets mutualistes qui pratiquaient une concurrence déloyale, ils ne résolvaient pas le problème de l'ensemble des mutualistes. La mutualité est un ensemble de structures inégales. Certaines ne peuvent offrir que le remboursement total ou partiel du ticket modérateur et, même en se fédérant, n'ont pas les ressources nécessaires pour aller au-delà.
Et puis il y a celles qui disposent de sections locales de paiement qui gèrent la part obligatoire de l'assurance maladie, telles la MNH et surtout la MGEN. Le nombre important de leurs adhérents leur permet de réunir des ressources très différentes et par là même d'avoir une approche différente dans leurs moyens d'action.

 

Le secrétaire général de la MGEN étant un homme de terrain, loin des idéologies, a souhaité nous rencontrer pour mesurer nos concordances et nos divergences et surtout pour examiner a minima les réalisations que nous pourrions effectuer ensemble. Prises sous cet angle, les relations pouvaient s'établir sans a priori. Les rencontres furent nombreuses car les points de frictions étaient nombreux : tiers payant, opposabilité des actes, fixation d'un barème d'honoraires, définition des actes concernés, arrêt de la création de cabinets dentaires mutualistes, etc. Chaque partie se devait de respecter les engagements de ses mandants ! Rude tâche.

 

Une négociation implique que les parties concernées parviennent à un accord sur des points parfois litigieux. Ce n'est pas à prendre ou à laisser, ni la politique du toutou rien.
Le premier obstacle était le règlement sur la base du tiers payant versé au praticien par la mutuelle. Ce procédé existait déjà avec la mutuelle de l'EDF et pour certains bénéficiaires de l'Assurance maladie. C'était une épine irritative ou plutôt un glaive suspendu au-dessus de la tête du praticien, s'il n'était pas encadré. Il fut adapté en dispense d'avance de frais optionnelle suivant le choix du patient. Simplement, celui-ci pouvait régler les honoraires en l'indiquant sur le devis adressé à la mutuelle. Il n'était plus généralisé.

Ce devis avait le mérite de clarifier la procédure, bien qu'il paraisse encombrant à nos confrères et fut l'objet de critiques de la part des opposants qui voulait bien le changement à condition que rien ne bouge. Il fallut ensuite définir une grille des actes, donc choisir les actes concernés par le protocole. La prothèse fixée fut choisie car c'est un traitement qui, lorsqu'il est possible, préserve l'avenir de la denture. Restait à apprécier comment définir les honoraires. La détermination d'un prix unique était inapplicable. La diversité des pratiques aurait conduit à des obligations pour certains d'augmenter et pour d'autres de réduire leurs honoraires.

 

Un prix plafond fut approuvé, mais le mon tant donna lieu à des divergences d'appréciations qui finirent par se résoudre car la volonté des partenaires de conclure était forte. Il était calculé en attribuant une valeur en point à un coefficient. Cette valeur était révisable par les parties.
Ce protocole pour être appliqué devait être signé non seulement par les parties contractantes, ce qui fut fait en 1996, mais également par les praticiens individuellement. Cette disposition parfaitement légale provoqua un tollé à la FSDL qui oubliait qu'un chirurgien-dentiste est libre de son choix dans le cadre de son exercice, d'autant plus que le syndicat national représentatif, la CNSD, avait paraphé cet accord.


Le Conseil national de l'Ordre sollicité parles opposants donna d'abord un premier avis négatif sur la signature individuelle puis, la raison prenant le dessus, le bon sens l'emporta.

Un an après la signature, je fus invité à la réunion du Comité directeur de la MGEN. On me donna la somme déboursée par la mutuelle au cours de l'année pour les actes dentaires concernés par le protocole : 200millions de francs ! C'était un succès.
Dans ma réponse, je fis remarquer que ces prestations avaient profité à l'ensemble de leurs adhérents et non pas comme auparavant seulement à ceux qui étaient voisins d'un cabinet dentaire mutualiste.


Il faut toujours croire que les choses ardues peuvent aboutir si l'on y croit.

 

Dr Daniel Roblin
Vice-président d'honneur

 

 

 

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Les différents types de réseaux

 

2 visuel reseauxIl existe de nombreux réseaux qui couvrent aujourd'hui environ 30 Ms de Français, soit un patient sur deux ! Légalement, il n'existe plus qu'un type de réseaux : le réseau ouvert pour les chirurgiens-dentistes mais, dans la pratique, il en existe quatre types.

 

Les réseaux négociés

Les modalités de fonctionnement et les conditions sont négociées au niveau national ou départemental entre un organisme d'assurance maladie complémentaire et un syndicat ou plusieurs syndicats représentatifs de praticiens.

 

Les réseaux non négociés

Les modalités de fonctionnement et les conditions sont établies dans un contrat par l'assurance complémentaire et proposées individuellement aux praticiens sans participation de syndicats. Les complémentaires évitent ainsi les contraintes d'une négociation.

 

Les réseaux « ouverts »

Il convient de les appeler, plus justement, des « protocoles d'accord ». Chaque professionnel qui désire adhérer au réseau est automatiquement intégré à partir du moment où il s'engage à en respecter les clauses. Il n'y a pas de nombre limite. C'est le cas des réseaux issus des accords signés avec la MGEN en 1996 et la MFP en 1999. Le réseau MFP-CNSD est un réseau négocié et ouvert. Une vingtaine d'accords, semble-t-il, ont également été mis en place au niveau départemental.

 

Les réseaux « fermés »

La complémentaire définit un nombre limité de praticiens partenaires dans une région ou une ville selon un nombre de patients adhérents. Il y a appel d'offre limité avec un choix de la complémentaire. Ceci induit donc une mise en concurrence des professionnels de santé. Ceux qui adhèrent acceptent de limiter leurs honoraires en échange d'un certain flux (garanti ?) de patients. Il y a donc alors :

  • détournement de patientèle,
  • mais aussi une perte du libre choix du praticien par le patient.

 

Les réseaux peuvent être négociés et ouverts, négociés et fermés (théorique car la négociation ne le permet pas), non négociés ouverts et les pires sont non négociés et fermés.

Il y a toutes les nuances qui se résument en cette formule : les réseaux qui se prétendent « ouverts » mais qui sont dans la pratique« fermés ». « On » ouvre à tous, puis sélection sur des critères choisis par le réseau, et tous les 2 ou 3 ans on recommence en modifiant (resserrant) les critères. En fait, il y a toutes les formules possibles.

 

Dr Jean Richard

Conseiller technique

 

 

 

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ORE : Adoption d’une déclaration sur les hygiénistes dentaires

hygieniste2Est-il vraiment nécessaire de se rendre dans un pays si loin de chez nous (Air France ne dessert pas la Géorgie) avec un exercice aussi différent du nôtre pour débattre et définir le profil et les attributions des hygiénistes dentaires en Europe ? On peut légitimement se poser la question, surtout quand on n’est pas particulièrement au fait des instances européennes... Pourtant, la réponse est clairement « oui ».

 

Par Roland L'Herron

 

Dans une instance qui regroupe toute l’Europe géographique de Brest à Vladivostok, soit plus de 40 pays, la démocratie est de règle. La plénière change de pays chaque année et les candidatures des anciens pays de l’Est sont tout aussi légitimes que celles des pays leaders de l’Union Européenne. De plus, l’ORE a une vocation pédagogique à laquelle elle ne souhaite pas se soustraire : celle « d’intégrer » les anciens pays du bloc soviétique, de faire vivre la démocratie au quotidien par des débats, des votes et des élections, de leur faire toucher du doigt les valeurs et le dynamisme de l’exercice libéral. Et cela, seul le contact régulier des réunions, en groupes de travail ou en plénière, le permet. Le partage culturel et amical en dehors du travail renforce cette intégration. Réunion très positive, donc, sur ce plan même s’il faut bien admettre que les débats ont lieu essentiellement entre les pays de l’Europe occidentale : Italie, France, Allemagne... l’Angleterre n’adhérant pas à l’ORE.

 

Les hygiénistes dentaires

Après avoir travaillé sous l’impulsion de la France à la définition d’une assistante de pré-vention, l’ORE a souhaité, sous la pression de l’Allemagne, de la Suisse et de l’Italie, notamment, définir rapidement un profil de l’hygiéniste dentaire. La raison en est simple : ces collaboratrices des chirurgiens-dentistes, reconnues de longue date dans ces pays, se sont vues confier de plus en plus de tâches. Aujourd’hui, elles ont même réussi à sortir des cabinets et à travailler sans supervision des chirurgiens-dentistes. C’est le cas en Suisse et en Italie, le cas le plus extrême étant l’Estonie. Les hygiénistes dentaires y sont en exercice libre de tout rapport avec les chirurgiens-dentistes, effectuant des détartrages pris en charge par l’assurance maladie. L’objectif de l’ORE en abordant ce sujet était donc de définir et de border les prérogatives des hygiénistes suivant le principe : subordination oui, substitution non.

 

Après avoir longtemps fait obstacle à la mise en place de ce travail sur les hygié- nistes, la France a dû se ranger à la déci- sion majoritaire et à l’urgence ressentie de certains de bien définir ce métier. En outre, l’Hexagone n’a aucun intérêt à jouer la poli- tique de l’autruche car le sujet risque de nous concerner à moyen terme. En tra- vaillant de l’intérieur, il nous était possible d’influer sur les prérogatives de ce type de personnel et d’en fixer les limites. Pour l’Italie, l’Allemagne voire la Suisse, l’objec- tif était essentiellement de proclamer haut et fort que ce métier doit rester sous subor- dination. Seul le dentiste diagnostique, éta- blit le plan de traitement et, au final, est responsable de la réalisation des actes. Pour obtenir cela, ces pays étaient prêts à entériner ce qu’ils ont admis progressive- ment chez eux : des limitations très floues pouvant aller jusqu’à la réalisation de petits soins, en Italie, par exemple.

 

Pour la France, l’impératif était donc de fixer une limite générique pouvant se résumer ainsi : pas d’acte invasif. En aucun cas, l’hygiéniste ne touche à une turbine en bouche. Si l’Italie et l’Allemagne en convenaient oralement en groupe de travail, force est de constater que le texte soumis au vote n’était pas aussi clair. Pour toute explication, le rapporteur italien laissait entendre que, tout le monde étant d’accord, chaque pays appliquerait les prérogatives selon sa réglementation en vigueur. Dans ce cas, quel est l’intérêt d’une déclaration officielle, s’interroge la France, qui fait savoir qu’elle s’op- posera à ce texte s’il est ainsi soumis au vote. Suspension de séance d’une demi-heure, négociations de couloir, retour en salle et, enfin, dans le programme de formation sont supprimées les mentions : « être capable de dispenser des soins bucco-dentaires préventifs aux patients qui présentent des caries dentaires, une mala- die parodontale, des érosions dentaires » ou encore « savoir réaliser des détartrages gingivaux et non gingivaux ainsi que des débridements radiculaires ». En revanche, la pose de sealant est conservée. Ainsi rectifiée, la résolution de l’ORE sur les hygiénistes dentaires est adoptée à l’unanimité. Ce débat ardu, ce match France-Allemagne, même, pouvons-nous dire, a été l’évènement marquant de cette réunion de Tbilissi.

 

Exercice libéral, qualité des soins, formation continue

D’autres sujets ont également été l’objet de présentations des travaux en cours et de débats intéressants. L’avenir du cabinet dentaire libéral tel que nous le connaissons actuellement, même si de nombreux regroupements ont eu lieu, interpelle de nombreux pays. En effet, ce type d’exercice indépendant semble attirer moins nos jeunes confrères et encore moins nos jeunes consœurs ; ceci est constaté pour l’ensemble des pays occidentaux. Évolution sociétale ou mauvaise adaptation des contrats ? On pourrait en débattre longtemps mais peu importe, d’ailleurs, car le véritable problème est celui du financement des cabinets qui ne doit pas tomber aux mains de sociétés commerciales. Il en va de leur indépendance thérapeutique et de l’intérêt du patient. Une réflexion proposée par la Suisse sera mise en place au sein d’un groupe de travail dans les semaines à venir sur ce sujet délicat.

 

L’état d’avancement du groupe qualité des soins sous responsabilité française a donné lieu à un exposé en plénière, ainsi que celui de la formation continue sous présidence turque.

 

D’autres débats intenses s’annoncent puisque le prochain sujet choisi par le groupe de travail « équipe dentaire » est celui de la place des prothésistes dans notre exercice. Là encore, la France aura un rôle essentiel à jouer, avec cette fois l’appui de l’Allemagne, pour faire valoir l’unicité de l’acte prothétique, son caractère médical... ce qui ne semble pas évident pour tous les pays de l’ORE ! Un bel exercice de pédagogie en perspective mais combien passionnant !

 

La prochaine réunion plénière se tiendra en septembre à Bangkok, pendant le congrès de la FDI puis au printemps prochain à Bakou en Azerbaïdjan.

 

Article paru dans Le Chirurgien-Dentiste de France du 4 juin 2015

Élections CARCDSF : un résultat en demi teinte !

logo elections retraite 2015 homeLe 19 juin dernier était publié le résultat des élections à la Caisse de retraite des chirurgiens dentistes et des sages femmes (CARCDSF). Dans le collège des cotisants, la FSDL arrive en tête devant la CNSD suivie de l’UJCD.

Analyse !

 

Par Thierry Soulié, secrétaire général

 

 

Tous les trois ans la moitié des administrateurs de la CARCDSF sont renouvelés. En 2015, 8 collèges sur 17 étaient concernées par ces élections au sein du collège national des cotisants. Si la CNSD a partagé le score au nombre des sièges, elle a été devancée par la FSDL en pourcentage des voix. Ce résultat faisant suite à la défaite subie il y a 3 ans, la CNSD qui était 3ème lors de se scrutin maintient la majorité grâce au bon résultat du collège des allocataires.

 

La CNSD ne s’est jamais cachée pour dire que ces élections seraient difficiles dans le climat actuel. En effet, économiquement il est quasi impossible d’obtenir une ligne budgétaire supplémentaire en ce moment. Et le fruit du travail de fond engagé depuis quelques années n’apparaîtra pas avant le milieu 2016, lors des prochaines négociations conventionnelles. Dans ces conditions, être le syndicat leader, c’est s’exposer à toutes les critiques et faire converger sur soi tous les reproches.

 

Néanmoins et même si nous espérions mieux, c’est la CNSD qui en gagnant une place enregistre la plus grosse progression (+6,74%), la FSDL ne devant la sienne (+4,1%) qu’au recul de l’UJCD (-4,23%) désormais 3ème.

 

La CNSD ne peut pas se satisfaire de ce résultat, mais elle a enrayé la spirale de la baisse constatée depuis quelques années et a amorcé une remontée qui démontre que malgré les critiques aussi injustes qu’injustifiées, de nombreux confrères ont compris et réalisé le travail accompli dans leur intérêt, toutes générations confondues.

 

Les administrateurs de la CNSD continueront comme ils l’ont toujours fait, dans un esprit d’équilibre et de respect de solidarité intergénérationnelle, à défendre le système par répartition par une gestion rigoureuse de notre régime complémentaire et du PCV. Ceci afin de garantir aux cotisants le moment venu une retraite décente et aux allocataires l’assurance de pouvoir en profiter.

 

 

 

VOS CANDIDATS CNSD ÉLUS

 

 

Collège n°4 - Haute et Basse-Normandie / Bretagne
Vincent Lefèvre et Antoinette Felfeli de Merbitz

 

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Collège n°6 - Lorraine / Alsace

Frank Lefebvre et Martine Barth

 

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Collège n°8 - Centre / Limousin
Jean-Marie Largant et Jean-Pierre Bonneville

 

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Collège n°11- Midi-Pyrénées / Languedoc-Roussillon
Marc Bouziges et Martine Segarra

 

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+ d'infos :

carcdsf.fr

Hygiéniste en France : quels avantages pour la santé publique ?

 

hygienisteUne chose est sûre, la profession n’échappera pas au débat sur la création ou non d’un nouveau métier. Le sujet des hygiénistes en dentaire n’est pas nouveau. Des années que régulièrement nous en parlons à la CNSD. Pour la presse professionnelle, c’est presque devenu un marronnier. Mais pourquoi ce sujet émerge régulièrement dans les médias ? Y a t’il un besoin ? Quels peuvent être les bénéfices pour les patients ? N’y a t’il pas des risques à accepter cette profession qui est déjà présente dans 23 des 28 états membres ?

 

 

Dentalespace, le site d’information dentaire professionnel et grand public vient de publier sur son site un reportage vidéo sur le thème des hygiénistes dentaires avec le concours de Doniphan Hammer, président de la commission de formation et d’implantation professionnelle à la CNSD, qui suit le dossier depuis des années.capture-video-

 

Face à ceux qui prônent la création de cette profession en France, la CNSD, avec Doniphan comme porte-parole, livre un discours plus nuancé sur les besoins d’une telle profession et rappelle que si la CNSD n’est pas favorable aujourd’hui à l’arrivée des hygiénistes elle est en revanche très favorable à l’évolution du personnel collaborant des cabinets…

 

 

 

Qu'est-ce qu'un hygieniste dentaire ?

 

Les hygiénistes dentaires n'existent que dans certains États membres et leurs études, leur formation et leur domaine de compétences varient considérablement dans l'Union européenne.

 

Le rôle de l'hygiéniste dentaire a fait l'objet d'une définition officielle adoptée par l'ORE (organisation régionale européenne dela FDI) en mai 2015. Extrait :

 

"Les hygiénistes dentaires travaillent sous la supervision du chirurgien-dentiste, suivant les procédures et protocoles prescrits en matière de promotion et de maintien d'une bonne hygiène bucco-dentaire. Ils s'occupent de prophylaxie dentaire et du détartrage des dents, appliquent des matériaux prophylactiques sur les dents, recueillent des données et apprennent aux patients les bons gestes pour maintenir une bonne hygiène bucco-dentaire."

 

 

 

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Sur le même thème :

 

ORE : adoption d'une déclaration sur les hygiénistes dentaires - Le Chirurgien-Dentiste de France du 4 juin 2015

 

Profession : hygiéniste dentaire - Dental Tribune du 19 juin 2015

Le lapin : la hantise du praticien !

questionnairebarometreC'est devenu un fléau pour la quasi totalité des professionnels de santé qui consultent. Eux, ce sont les rendez-vous manqués par les patients ! En dentaire, certains confrères en enregistrent plusieurs par jour... La quasi-totalité des professionnels de santé y sont aujourd'hui confrontés sans réponses adaptées pour enrayer ou endiguer ce phénomène qui peut faire perdre jusqu'à 40 minutes de consult' par jour...

les lapins

C'est une étude qui remet le sujet du "lapin" sur la table. Réalisée en Île-de-France au sein de l'URPS médecins l'enquête révèle, cette semaine, dans les pages du Quotidien du Médecins que les médecins franciliens sont victimes d'au moins un "lapin" chaque jour.

 

Du côté des cabinets dentaire, le rendez-vous manqué est lui aussi devenu très, trop courant.

 

Pour avoir une idée de l'ampleur du phénomène, nous avons décidé, en partenariat avec la rédaction du magazine Le Chirurgien-dentiste de France, de prendre le poul de la profession afin de connaître, avec votre aide, le niveau de rendez-vous manqués dont vous êtes victimes. Et les premiers retours parlent d'eux même.

 

Sur 100 sondés ayant déjà répondu à notre sondage, 41% estiment subir de 2 à 4 rendez-vous manqués non décommandés par semaine. 16 % déclarent même avoir 2 lapins par jour...

 

Quelles solutions pour sensibiliser les patients ?

Dans l'édition du Parisien du 24 juin, une journaliste évoquait "la possibilité d'éduquer les patients". Ainsi dans certaines zones, les médecins ont mis en place des procédures de rappel par téléphone, d'envoi d'e-mail ou de SMS pour alerter les patients de l'imminence de leur rendez-vous. Le quotidien nous apprend également que certains praticiens ont développé un système de surbooking, en prenant davantage de rendez-vous que de créneaux ayant pour conséquence de longues attentes pour la patientèle.

 

Il y a deux ans, nous réalisions un sondage sur la facturation des consult' manquées et vous étiez 78 % à y être favorables. Et si c'était ça finalement la solution ?D'autant que des plateformes de revente de rendez-vous médicaux existent déjà...

 

Vous vous estimez en bonne santé physique ?

 

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78% d'entre vous sont favorables à la facturation des consult' manqués

Caries : inégalités sociales chez les tout-petits

 

carrieenfant8 % des enfants de cadre présentent au moins une dent cariée contre 30 % des enfants d'ouvriers, révèle une étude de la Drees réalisée auprès des enfants de six ans, publiée le 16 juin.

 

4 % des caries ne sont pas soignées chez les enfants des catégories sociales supérieures, contre 24 % dans les familles modestes. Un écart qui n'est pas nouveau et s'observe également en matière de prévention où 47 % des enfants d'ouvriers se brossent les dents plusieurs fois par jour, contre 60 % dans les catégories supérieures.

Ces résultats nous confirment que la santé bucco-dentaire reste un marqueur social.

 

+ d'infos :

Consultez le communiqué de la DREES

 

 

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