Médecine bucco-dentaire : un bien de consommation ?

 

video binstComment gérer la médecine bucco-dentaire des Français comme un bien de consommation avec la complicité des politiques ?

 

Politiques, médias, associations de consommateurs, assureurs santé : leur caution complice permet à la directrice de Santéclair d'expliquer sa vision dans un atelier organisé par la DGCCRF.

 

Est-ce vraiment cette gestion uniquement financière de la santé bucco-dentaire que veulent les Français ?

 

 

 

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Burn-out : quelle mission parlementaire ?

burnout hommeLe Centre national des professions de santé (CNPS) a exprimé son souhait que la mission parlementaire sur le burn-out, qui vient d'être confiée au député et cardiologue Gérard Sebaoun (PS, Val d'Oise), ne soit pas cantonnée uniquement aux travailleurs salariés, mais étendue à tous les professionnels, libéraux de santé compris.

 

Cette mission fait suite au dépôt d'une proposition de loi sur la reconnaissance du burn-out, phénomène dont nous savons aujourd'hui qu'il concerne fortement les chirurgiens-dentistes (étude de l'Observatoire national de la santé des chirurgiens-dentistes, parue en 2011).

 

Le CNPS demande à être entendu dans le cadre de cette enquête, et la CNSD, qui s'est saisie de ce sujet grave dès le début, pourra apporter son expertise.

 

Du nouveau au Musée Virtuel de l'Art Dentaire


logo mvadLes tenailles, pinces ou forceps coupants et daviers séparateurs de racines


Rappelons que pour certains auteurs des XVIe et XVIIe siècles, le davier, appelé aussi tenaille, ne servait pas uniquement à extraire mais aussi à rompre la couronne de la dent (Ambroise Paré nommait cette opération « déchapellement »). D'autres nommaient tenaille un instrument proche du davier qui servait plus particulièrement à couper la dent, mais également à l'extraire. La frontière entre ces deux utilisations est si ténue que le même type d'instrument pouvait être dénommé tantôt davier, tantôt tenaille incisive. À partir du XVIIIe siècle, les pinces coupantes commencent à se différencier des daviers et servent généralement à couper une partie de la dent ou de la couronne entière lorsque celle-ci est très cariée, venant ainsi au secours de la lime dont le travail était plus laborieux et douloureux. Au début du XIXe siècle, apparaissent des pinces coupantes plus élaborées, s'adaptant, comme les daviers, plus étroitement au collet de la dent pour l'excision ou section nette de la couronne. tenailles mvadSorte de « déchapellement » de Paré amélioré, ce geste très en vogue en Angleterre sera sujet à polémique. Apparaissent également des daviers coupants pour séparer les racines des molaires. 

 

Loin de disparaître avec l'avènement des instruments rotatifs à la fin du XIXe siècle, pinces coupantes et daviers séparateurs de racines sont encore présentés dans les catalogues d'avant la Seconde Guerre mondiale. Les instruments rotatifs de plus en plus rapides enterreront définitivement les pinces coupantes dans la deuxième moitié du XXe siècle avec la turbine à air comprimé.

 

Les daviers à vis, vis à racines, tire-fonds et petites tréphines

 

Certaines racines n'offrent aucune prise et leur extraction est parfois délicate. Johan Jakob Joseph Serre (1759-1830), semble avoir été le premier à concevoir une série de vis, montées sur un manche, pour extraire les racines qui ne pouvaient être saisies par aucun autre instrument. Mais ces formes d'instruments existent au XVIe siècle pour la chirurgie du crâne ou comme tire-balles comme notamment chez Croce ou Paré. Pour dégager la racine en éliminant une partie de l'alvéole, certains élaborent des tire-fonds ou encore des petites tréphines. Mdaviers mvadais plus nombreuses sont les vis isolées se différenciant plus par les manches que par leurs extrémités et fonctionnant comme une sorte de « tire-bouchon ».

 

Simultanément des auteurs présentent des daviers à vis qui, par cette combinaison empêchent la racine de se briser et assurent sa prise nécessaire à l'extraction finale. Pour eux ils sont dans certains cas irremplaçables. Mais pour d'autres, ces instruments ne font que compliquer une opération dont le succès est loin d'être garanti. Cependant différents modèles seront proposés dans les catalogues jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale.

 

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Marisol Touraine : "si j'avais un milliard..."

lingots« Si j'avais un milliard, je les investirais dans les soins dentaires ! »

 

S'exprimant le 12 mai dans le cadre d'un entretien public organisé par le magazine Décision Santé et le Quotidien du Médecin, Marisol Touraine a expliqué qu'elle défendait le modèle de la solidarité à la française avec le maintien du régime obligatoire comme principal régime, les organismes complémentaires ne devant intervenir que comme... complément.

 

Pour illustrer son souhait de préserver, voire de renforcer la place de l'Assurance maladie, la ministre de la Santé a expliqué que « si elle avait un milliard, elle les investirait dans les soins dentaires. »

 

Chiche ?

 

Le gouvernement brade les chirurgiens-dentistes

CiseauxLe gouvernement veut ouvrir la porte aux hygiénistes et aux denturologues !

Comment est-ce possible ?

 

C'est la résultante de la transposition de la directive européenne « qualifications professionnelles » entrée en vigueur en début d'année.


Vous vous rappelez son ambition ? Faciliter la mobilité intracommunautaire des professionnels de santé tout en renforçant les gardes-fous de la santé publique. Le gouvernement veut aller encore plus loin. Dans la transposition de la directive dans le droit français, il prévoit un accès partiel à notre profession (alors que la directive européenne l'exclut).

 

Concrètement ?

 

Le gouvernement souhaite découper notre bloc de compétences afin d'en autoriser l'accès à une partie seulement.
Par exemple, un hygiéniste dentaire espagnol pourra ainsi accéder en partie à notre profession en réalisant des détartrages.
Ce projet d'ordonnance est extrêmement dangereux.


Nous refusons l'accès partiel à notre profession.
Nous n'acceptons pas que nos compétences professionnelles soient bradées.
Nous interpellons le gouvernement sur les risques en matière de santé publique et de sécurité de patients.

 

Prise en charge des patients victimes de DENTEXIA

 

dentexiaBilan clinique individuel et relevé de constatations

 

Les milliers de patients laissés pour compte n'émeuvent plus que nos consoeurs et confrères dans les trois régions sinistrées par cette crise sanitaire majeure.


Devant les tergiversations des pouvoirs publics et pour pallier l'urgence sanitaire, la CNSD propose à nos confrères et consoeurs un canevas pratique et un formulaire adapté pour établir un bilan clinique individuel et un relevé de constatations pour chaque victime qui les consulte.


Pour assurer la réalisation de ces bilans cliniques dans des conditions optimales, nos consoeurs et confrères syndiqués peuvent s'appuyer sur les services techniques et juridiques de la CNSD.


Afin que ce dispositif entre en application dans les meilleurs délais et garantir ainsi la protection des droits des victimes dont la santé bucco-dentaire se dégrade de jour en jour, la CNSD demande aux ARS des régions concernées et à l'Assurance maladie de financer ces bilans cliniques dont les honoraires ont été évalués par nos experts dans la fourchette la plus basse admise.


Les responsables publics nationaux et locaux ne peuvent plus continuer à se renvoyer « des échanges informels » et des projets de rapports alors que l'état de santé des victimes se détériore chaque jour un peu plus.

 

+ d'info :



Colloque mission mains propres

 

PREVENTIONS DES INFECTIONS ASSOCIEES AUX SOINS : LE PROPIAS, UN AN APRES


visuel colloque mains propres16La journée mondiale de l'OMS sur l'hygiène des mains se décline en France par l'opération « mission mains propres » (MMP) et la signature « un soin propre est un soin plus sûr ». Toutes 2 répondent à l'engagement de la France, qui place l'hygiène des mains comme une action fondamentale pour réduire les infections liées aux soins.


Afin de ponctuer les 5 jours sur lesquels se tiendra l'édition 2016 de la MMP, un colloque se tiendra le mercredi 11 mai au ministère des Affaires sociales et de la Santé pour rappeler les 3 axes fédérateurs du programme national de prévention des infections associées aux soins (PROPIAS) et en dresser le bilan à un an.


Pour chaque axe, une table ronde sera proposée et illustrée concrètement par une action menée soit par des professionnels soit par des représentants d'usagers.


L'intérêt de ce colloque est de souligner le lien entre le PROPIAS et la MMP 2016 dans la promotion de l'hygiène des mains. Celle-ci étant une mesure socle de la prévention de la transmission des germes (notamment des bactéries multi-résistantes) et, plus largement, de la prévention des infections.

 

+ d'info :

 

bandeau colloque mpropres16

Prix des soins dentaires : Stop au « bashing » médiatique !

 

dactylo machineUn article du Figaro.fr d'avril sur les prix des soins dentaires a particulièrement irrité la profession. Christian Soletta fait le point sur les inexactitudes qu'il contient et rappelle les grands principes qui permettent d'atteindre l'équilibre financier d'une entreprise libérale comme un cabinet dentaire.

 

NON, l'acte prothétique n'est pas une marchandise ! C'est un acte médical qui fait appel à un dispositif médical sur mesure et surtout à l'action du chirurgien-dentiste qui en assure la conception, la réalisation, en collaboration avec un technicien de laboratoire, et la pose, tout en assumant l'entière responsabilité.

 

NON, la médecine bucco-dentaire n'est pas une profession commerciale mais bien médicale qui n'a rien à voir avec les opticiens et les audioprothésistes auxquels journalistes, parlement, gouvernement tentent de nous assimiler. À ce titre, la PPL Le Roux reste une insulte à notre profession par son caractère discriminatoire. L'article du 14 avril 2016 publié sur le site du figaro.fr est l'illustration flagrante de l'incompétence des journalistes à appréhender la formation de nos honoraires à entente directe et les problèmes de notre profession.

 

Des sources bien peu crédibles

 

Publier un lien archaïque (2012) sur l'absence de transparence des chirurgiens-dentistes, c'est faire fi des dernières obligations législatives en matière de devis. La profession a beaucoup trop donné pour cette transparence, désormais acquise. Nous n'irons pas plus loin et c'est aux journalistes de mettre à jour leurs connaissances sur ce sujet.


Publier une liste de tarifs par département en provenance d'un site administré par un cabinet de courtage en santé (SA), donc commercial et intéressé, fait preuve de légèreté, pour ne pas dire d'amateurisme et pour le moins d'absence d'indépendance. Aucune crédibilité ne peut être accordée à une telle succession de chiffres, qui ne peut être que tronquée, même si cette étude se veut extraite du site Ameli. Rappelons que les informations publiées sur ce site proviennent des traitements informatiques de l'Assurance maladie, sans intervention des praticiens, en contradiction avec les affirmations du Figaro. En revanche, les récentes évolutions techniques font que, sous le vocable « céramique », sont regroupés différents types de céramiques dont le service rendu au patient est très différent. Entre une céramique monochrome tout zircone réalisée en CFAO, et une céramo-céramique multicouche sur base zircone, en passant par les traditionnelles céramo-métalliques, les coûts de fabrication et de réalisation de l'acte médical, le rendu esthétique différent justifiant des honoraires peuvent aller du simple au double au sein d'un même cabinet ou de cabinets différents, en fonction des pratiques cliniques et des attentes du patient.

 

Honoraires et équilibre financier

 

Contrairement aux lois du marché, la concurrence ne fait pas chuter les honoraires des actes prothétiques réalisés par un chirurgien-dentiste. Bien au contraire, les honoraires les plus élevés sont relevés dans les zones pléthoriques, caractérisées par des chiffres d'affaires et surtout des bénéfices très inférieurs à la moyenne des praticiens français.
Pourquoi ? La formation des honoraires est en fait multifactorielle. Pouvoir d'achat, solvabilisation, charges d'exploitation, qualité de la restauration attendue, exigence particulière, dextérité du praticien, constituent les principaux paramètres mais pas les seuls.
Elle résulte aussi de l'équilibre économique de cette très petite entreprise qu'est le cabinet dentaire et de la juste rémunération du praticien qui exécute les actes.

 

Des charges en perpétuelle augmentation

 

Or, cet équilibre économique doit tenir compte du secteur déficitaire des soins opposables dénoncés depuis 1989 par la CNSD, mais aussi de l'augmentation des charges de fonctionnement des cabinets dentaires, soumis à des réglementations de plus en plus tâtillonnes. Sans être exhaustif, elles ont pour nom accessibilité, radioprotection, télétransmission, devis, ACS, DPC... Demain, cela pourrait être le tiers payant intégral agrémenté de ses avatars comme l'ADR, acronyme de « acquisition des droits » et la PUMA, « protection universelle maladie », mesure purement dogmatique à visée électoraliste, combattue tout particulièrement par la CNSD. Rappelons là aussi que des solutions alternatives comme le différé de paiement Santé à partir des cartes bancaires rendent le même service, mais ont été balayées par le ministère pour insuffisance de visibilité politique. Face à un secteur opposable déficitaire bloqué depuis une quinzaine d'années, ponctué de quelques évolutions tarifaires en 2006 et en 2014, la seule variable d'ajustement à l'augmentation des charges reste le secteur à entente directe. Son évolution au-delà de l'inflation serait tout à fait normale et économiquement justifiée. Oui, mais, ce n'est pas ce qui est observé dans les statistiques publiées par l'Assurance maladie qui révèle une stabilité remarquable de ces honoraires. Dans ces conditions, l'augmentation de 41% des prix minimum rapportée par Le Figaro reste infondée, ou liée à des ajustements statistiques, sans rapport avec la pratique courante.


Le comble de l'hypocrisie est atteint lorsque le directeur général du cabinet de courtage complète son propos en ces termes : « Pourtant les seuils de remboursement [des prothèses] de la sécurité sociale n'ont pas évolué dans ces proportions [41 %]. » Propos scandaleux pour une base de remboursement inchangée depuis 28 ans et qui reste la principale cause du reste à charge des patients.

 

Respect des règles déontologiques

 

NON, les chirurgiens-dentistes n'augmentent pas leurs tarifs en fonction de la couverture sociale de leur patient. Cette pratique, condamnable par les juridictions ordinales pouvait exister il y a une trentaine d'années dans une période de forte inflation, mais elle est devenue inexistante actuellement. Ce qui ne veut pas dire que d'autres critères concourant à la variabilité des honoraires ne soient pas pris en compte par les praticiens comme l'ouverture buccale, la pénibilité de l'acte ou des conditions particulières de réalisation.


Les statistiques mises à notre disposition confirment le respect des règles déontologiques par la profession dans son ensemble. La profession ne supporte plus de tels articles à charge, méprisants, ignorants ses conditions d'exercice, ses règles déontologiques, ses difficultés à être acteur de la santé publique face au désengagement financier de l'Assurance maladie incomplètement remplacé par les assureurs complémentaires.


Elle dit « stop » aux poncifs éculés, aux accusations infondées, à la marchandisation de notre profession. Le diagnostic est connu de tous les acteurs de la santé bucco-dentaire. Il devient impératif de mettre les soins opposables à une juste valeur permettant à un cabinet dentaire d'en vivre.

Dans une médecine bucco-dentaire en évolution permanente et novatrice, il convient également de mettre en avant les nouvelles techniques de soins, plus conservatrices, alternatives au triptyque : dévitalisation, inlaycore, couronne. C'est l'enjeu de la future négociation conventionnelle.

 

Dr Christian Soletta
Conseiller technique

 

 

Assistants dentaires - Suite

 

agenda calendrierLe ministère de la Santé vient de faire parvenir une invitation à la CNSD à une première réunion le lundi 9 mai pour envisager les suites de l'article 120 de la loi de Santé et l'inscription au Code de la Santé publique des assistants dentaires.

 

Nous ne serons pas seuls puisque les deux autres organisations patronales (UJCD et FSDL) ont reçu la même invitation, certains syndicats et associations de salariés ainsi que le CNO, l'ADF et l'UFSBD et le Délégué général des Centres de santé.

 

A l'initiative de la Commission de formation et d'implantation professionnelles de la Confédération, des discussions ont déjà été entamées en Commission paritaire nationale de la négociation collective de branche. Les partenaires sociaux patronaux et salariés des cabinets libéraux ferons des propositions constructives au ministère mais ne renient pas tout le travail qui a été fait depuis plusieurs années pour qualifier ces personnels qui sont à 90% employés dans les cabinets dentaires libéraux.

 

Une première réunion qui devra permettre de mesurer la volonté du ministère et connaitre ses intentions : hygiéniste à la Française ? Un dossier que non seulement nous suivons mais où nous ferons tout pour défendre les intérêts de tous les chirurgiens-dentistes, quel que soit leur mode d'exercice.

 

Les assistants dentaires face à leur destin

 

examen assistante dentaireAvec la loi de Santé, les assistantes dentaires font leur entrée dans le Code de la santé publique. En toile de fond se profile la refonte de leur formation, de leur métier et de leur collaboration avec les chirurgiens-dentistes.

 

« Enfin, nous avons été entendues. » C'est en ces termes que Dominique Munoz, présidente de l'Union fédérale des assistantes dentaires (Ufad), a inauguré la Journée nationale des assistantes dentaires (JNAD), le 31 mars à Paris. Dominique Munoz a ainsi salué l'inscriptionde la profession au Code de la santé publique, le 26 janvier 2016 : « Cela change tout. Nous ne sommes plus de vagues secrétaires médico-sociales, nous sommes enfin reconnues comme des personnels de santé à part entière, une profession paramédicale comme les autres. Cela aura d'importantes conséquences, notamment sur notre formation, ses modalités, son contenu, ses objectifs. Nous pourrons nous former à l'hôpital aux côtés des chirurgiens-dentistes, tout comme les infirmières peuvent l'être auprès des médecins. Nous pourrons constituer un véritable tandem avec eux. »

 

Diplôme d'État et mise à niveau

Comment doit évoluer la formation des assistantes dentaires ? Pour Jean Azerad, chef du service d'odontologie de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, présent lors de la Journée, il faut que « le niveau de qualification des assistantes dentaires soit assez proche de celui de l'infirmière diplômée d'État ». Si une telle option est retenue, les assistantes en poste devront se mettre à niveau grâce à des modules de formation complémentaire. Le tout agrémenté par de la formation continue, imagine-t-il. Elles pourront également obtenir le diplôme nouvellement créé par la validation des acquis de l'expérience (VAE). En effet, pour mémoire, la formation pratique et théorique des infirmières s'effectue actuellement sur environ 5000 heures, contre 600 pour les assistantes dentaires. Quelle que soit la formule qui sera finalement choisie, « il faudra repenser notre fiche de poste, notre grade dans la fonction publique, notre convention collective, notre rémunération », a énuméré Dominique Munoz. Bref, redéfinir le rôle et les compétences des assistantes dentaires, y compris les éventuelles délégations de tâches et spécialisations possibles pour elles.

 

Commission de réflexion

Dans leur esprit, cette évolution ne doit pas se faire en solo. « Aujourd'hui, nous demandons un groupe de travail aussi large qu'utile », pour rédiger les futurs décrets d'application de la loi de santé, a ainsi complété la présidente de l'Ufad. Et de préciser : « Nous aurons besoin des facultés dentaires des centres de formation des assistantes dentaires, des ministères de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, de l'Académie dentaire et de l'Académie de médecine, des représentants de chirurgiens-dentistes, etc. » Justement, Gilbert Bouteille, président de l'Ordre national des chirurgiens-dentistes, a été contacté fin mars par le ministère de la Santé pour créer une commission de réflexion. « Je la souhaite la plus élargie possible, a-t-il indiqué. Nous n'avons pas fait tout ce chemin pour rien; nous ne pouvons pas faire du bricolage. »starting assistante dentaire

 

Et demain ?

D'autres questions devront vraisemblablement être posées. Faudra-t-il créer un code de déontologie des assistantes dentaires, comme il en existe au Canada ? Faudra-t-il rendre obligatoire la présence d'une assistante auprès de chaque chirurgien-dentiste en exercice ? Et que se passera-t-til pour les autres personnels travaillant dans les cabinets dentaires ?

 

Laura Chauveau

 

Ce que dit désormais le Code de la Santé publique

 

« La profession d'assistant dentaire consiste à assister le chirurgien-dentiste ou le médecin exerçant dans le champ de la chirurgie dentaire dans son activité professionnelle, sous sa responsabilité et son contrôle effectif. Dans ce cadre, l'assistant dentaire contribue aux activités de prévention et d'éducation pour la santé dans le domaine buccodentaire.
L'assistant dentaire est soumis au secret professionnel. »

 

« Les activités ou actes que l'assistant dentaire peut se voir confier sont déterminés par décret en Conseil d'État pris après avis de l'Académie nationale de médecine et de l'Académie nationale de chirurgie dentaire. »

 

« Le niveau de formation requis et les conditions de mise en œuvre de cette disposition sont fixés par décret. »

 

« Les modalités de la formation et notamment les conditions d'accès, le référentiel des compétences ainsi que les modalités de délivrance de ce titre sont fixés par arrêté du ministre chargé de la Santé, après avis conforme d'une commission comprenant des représentants de l'État et des partenaires sociaux représentant les chirurgiens-dentistes et les assistants dentaires, dont la composition est fixée par décret. »

 

« L'usage sans droit de la qualité d'assistant dentaire ou d'un diplôme, certificat, ou autre titre légalement requis pour l'exercice de cette profession est puni comme le délit d'usurpation de titre prévu à l'article 433-17 du Code pénal. Les personnes morales peuvent être déclarées pénalement responsables de ce délit. »

 

 

L'avis de la CNSD

« Une réflexion collective pour bâtir un système qui convienne à tout le monde »

 

« Les futurs décrets d'application de la loi de Santé détermineront les actes et tâches qui seront confiés aux assistantes dentaires. Une commission consultative sera créée pour définir l'organisation même de leur métier. Il faudra que nous préparions des propositions, y compris sur les possibles délégations de tâches, sachant que sur ce point, nous ne sommes pas sur des tâches avancées, mais plutôt sur des tâches médico-techniques.

 

Notre difficulté, c'est que les assistantes dentaires sont actuellement formées via un contrat de professionnalisation, dans le cadre d'un dispositif de formation et de certification construit au niveau de la branche par les partenaires sociaux. Or, si nous nous orientons vers un diplôme d'État, ce qui semble être le cas, nous, chirurgiens-dentistes, n'aurons plus aucun regard sur le contenu de leur formation.

 

Comment sera établi le référentiel des compétences-métiers ? Comment se déroulera la certification ? Qui formera les futures assistantes ? Comment sera financée leur formation ? Autant de questions auxquelles nous n'avons, pour l'heure, pas de réponse. Les assistantes aspirent à un parcours professionnel, à des perspectives professionnelles. C'est un argument que nous pouvons tout à fait entendre.

 

Toutefois, nos cabinets dentaires se transforment, en matière d'équipement, de fonctionnement, d'exercice. Certains confrères aspirent à travailler dans une communauté de compétences, d'autres à se spécialiser, par exemple.


Ils chercheront des assistantes dentaires avec un profil spécifique. Il faudra que la formation de ces dernières réponde aux besoins des praticiens.

 

Nous devrons mener une réflexion collective pour bâtir un système qui convienne à tout le monde. »

 

Marie-Françoise Gondard-Argenti,
Vice-présidente de la CNSD

 

 

 

 

 

 

Vidéo : Journées Syndicales de Printemps

 

video jcdDans le cadre de sa refondation, la CNSD a souhaité entendre la parole des patients et des jeunes praticiens récemment installés, qu'ils soient syndiqués ou non syndiqués.


Présentées dans le cadre des Journées Syndicales de Printemps qui se sont tenues les 15 et 16 avril dernier, ces vidéos et les débats qui s'en sont suivis, marquent le point de départ d'un processus qui s'achèvera en fin d'année.

 

 

 

 

 

 

 

 

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