Être acteur de son destin

 

cm aout2014 2« C'était peut-être pas votre question, mais c’est ma réponse ! »* Cette phrase célèbre, raillée et détournée par de nombreux humoristes, est sans nul doute le meilleur exemple de ce que peut être un dialogue de sourds. Et c’est ce qu’on peut parfois entendre dans la négociation conventionnelle actuelle, où certains s’obstinent à ne pas répondre aux questions posées et continuent à afficher des propositions, sans nul doute pertinentes, mais qui ne permettent pas de répondre aux objectifs fixés par le gouvernement et l’Assurance maladie.


Or, les délais pour signer un accord conventionnel qui permettra de sortir de la nasse du règlement arbitral, ne sont pas extensibles à l’infini. Les solutions à trouver relèvent de la quadrature du cercle, tant les paramètres sont complexes à associer : volonté partagée par tous les acteurs de changer les pratiques, mais un budget contraint qui oblige à faire des choix.
Sans oublier la difficulté supplémentaire apportée par le « reste à charge zéro », qui devient un nouvel objectif prioritaire dans des délais plus contraints que ceux initialement affichés, puisque les dispositions règlementaires le mettant en place devraient arriver dans un an.


Dans cette situation, il n’est pas possible de biaiser : ce sont des propositions concrètes qui sont attendues des représentants de la profession dans le cadre défini. Au-delà des rêves, il faut avoir le courage de chercher des voies qui seront acceptées par les pouvoirs publics et les financeurs.

 

Voici les questions auxquelles il faudra impérativement répondre :

  • Sur quels actes concentrer les 800 millions d’euros de revalorisations ?
  • Quel panier d’actes plafonnés ?
  • Quels actes à honoraires libres ?
  • Quels tarifs définir pour permettre de faire évoluer les pratiques sans remettre en cause l'économie des entreprises cabinets dentaires ?
  • Quels « nouveaux actes » ?
  • Quelles actions de prévention ?
  • Quel panier de soins pour le « reste à charge zéro » ?
  • Quelles conditions pour bénéficier du « reste à charge zéro » ?
  • Quelle indexation et quelles clauses de sauvegarde ?

La profession doit absolument se montrer solidaire pour rester actrice de son destin. Elle doit assumer collectivement des choix difficiles, et ne pas laisser aux uns les responsabilités et les engagements, et aux autres le rôle d’observateur critique : se contenter de « j’ai dit que j’étais contre », « je suis resté pour empêcher les autres de signer n’importe quoi » n’est pas responsable. Et encore plus de propager des rumeurs mensongères, voire calomnieuses et insultantes.


Si, comme dans d’autres pays, les accords signés ne s’appliquaient qu’aux adhérents des syndicats signataires, la négociation serait différente et les effets d'affichage disparaîtraient !


Refuser de faire des propositions concrètes, c’est refuser de négocier et laisser la main aux pouvoirs publics. Et ça ne peut mener qu’à : « Liliane, fais les valises, on rentre à Paris ! »*

 

Dr Catherine Mojaïsky
Présidente confédérale

@chmjsk

 

* Georges Marchais, secrétaire général du Parti communiste français de 1972 à 1994.

 

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