Ouverture sous conditions…

 

tsoulie avr17 homeAprès cinq années de cavalier seul gouvernemental qui ont abouti au rejet unanime de la politique menée en matière bucco-dentaire, Agnès Buzyn a reçu le 13 juillet, soit quelques semaines après sa prise de fonction, les responsables des trois syndicats représentatifs de la profession.

 

Lors de l’entrevue, chacun a pu s’exprimer librement dans un esprit d’ouverture auquel nous n’étions plus habitués. Nous remercions la ministre d’avoir entendu le malaise profond de la filière dentaire.


Mais le plus dur reste à faire, car au-delà de l’esprit de dialogue et de confiance mutuel indispensable à la construction de tout projet, au-delà des mots et des généralités, la traduction sur le terrain des bonnes intentions risque de se heurter à la réalité des habitudes et du financement dans un environnement budgétaire contraint.


La confiance n’exclut donc pas la vigilance, mais aujourd’hui l’essentiel est ailleurs.


La CNSD a toujours clamé que le temps nécessaire à la négociation de l’avenant n° 4 avait été trop court pour réformer le système et engager la profession dans des pratiques du XXIe siècle, et qu’il fallait absolument revenir sur le règlement arbitral. La ministre a entendu ce message et repoussé d’un an sa mise en place, afin de donner ce temps aux acteurs pour négocier une nouvelle convention dès cet automne.


Nous nous félicitons de la compréhension et de la lucidité d’Agnès Buzyn qui ne nous a pour autant pas accordé un blanc-seing aveugle : « Je suis consciente que les professionnels de santé veulent donner du sens à leur activité de soins, consciente du changement de paradigme et de la priorité qui doit être donnée aux soins conservateurs pour aboutir à la préservation des dents.


J’ai a priori confiance dans les professionnels de santé, je laisse plus de liberté mais en contrepartie, j’attends de la responsabilité ». Ce message nous l’entendons, madame la Ministre, d’autant plus que nous le réclamons depuis toujours de manière concertée et réciproque !


Nous l’assortissons néanmoins du respect des grands équilibres économiques indispensables à un exercice serein des praticiens dont l’éthique médicale est tournée vers l’amélioration des services rendus à la population.


Nous prenons acte du changement de méthode qui consiste à donner du temps pour bâtir un projet cohérent où la prévention, les techniques modernes et les thérapeutiques alternatives occuperont la place qui leur revient.


Nous entendons les mots « responsabilité » et « équité » qui font partie intégrante du patrimoine génétique de la CNSD, et ne sommes pas opposés à de nouveaux modes de rémunération qui permettront de couvrir des domaines aujourd’hui ignorés par manque de financement ; nous pensons tout particulièrement aux personnes âgées dans les Ehpad, celles en situation de handicap, ou atteintes de maladies chroniques, ainsi qu’à tout ce qui permettra d’élever notre profession vers la « bonne médecine » que vous appelez de vos voeux.


Nous avons bien saisi votre fermeté concernant le principe du plafonnement, sur le panier de soins « à zéro reste à charge » à définir, et sur le tiers-payant généralisable dont nous vous avons alertée des difficultés pour notre profession.


Vous trouverez en la CNSD un partenaire fiable en mesure de partager un objectif ambitieux et novateur de santé publique d’accès aux soins que nous revendiquons pleinement dans un intérêt partagé. Mais vous comprendrez qu’échaudés par les expériences passées, nous restions prudents.


Vous accompagner oui, mais à condition que ce ne soit pas au détriment de celles et ceux sur qui vous comptez pour mener à bien votre projet.

 

 

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