Destruction !

Détruire… Un seul mot suffit à résumer le passage de Marisol Touraine durant cinq longues années au ministère de la Santé. En commençant par le dialogue, mais aussi l’esprit paritaire conventionnel, certes déjà fragilisé par ses prédécesseurs. Mais surtout, détruire toute vision prospective, toute volonté de construire une médecine bucco-dentaire moderne. Et détruire la confiance au point de pousser les professionnels de santé à rejeter toute évolution. Accessoirement, par son intransigeance, Marisol Touraine a sans nul doute calmé tous ceux qui clamaient qu’il suffisait de dire « non » pour que tout aille mieux.

Il y avait pourtant mieux à faire, Madame la Ministre ! Vous pouviez comprendre que si la profession unanime avait refusé de signer l’avenant no 4 à la Convention, ce n’était pas sans raison. Vous auriez été mieux avisée de stopper le processus en n’approuvant pas ce règlement arbitraire. Au lieu de cela, vous avez préféré persévérer dans votre aveuglement… Qu’importent les conséquences, après vous le déluge !

Malgré les alertes que nous lancions depuis longtemps, pour de nombreux confrères qui nous accusaient de vouloir faire peur et de promouvoir le « moins pire », le réveil a été brutal ce 31 mars 2017. Car la publication de l’arrêté d’approbation du règlement arbitral met un coup d’arrêt au système conventionnel qui, malgré ses imperfections, a permis de préserver l’accès aux soins bucco-dentaires. Mais la ministre n’est pas seule en cause, tous les politiques et les parlementaires portent la responsabilité de cette fracture conventionnelle, et l’excuse du « nous n’avions pas mesuré les conséquences » quand vient la confrontation avec les électeurs, n’est ni audible ni crédible !

Depuis le 1er avril 2017, et ce n’est hélas pas un poisson d’avril, c’est donc le règlement aritral qui régit nos relations avec l’Assurance maladie. Mais ce n’est que le 1er janvier 2018 que les conséquences se feront sentir ; elles se traduiront pour certains par un clap de sortie pour cause de débâcle économique.

D’ici là, nous nous emploierons à contrer ce texte inique.

Par un combat judiciaire tous azimuts, dont l’objectif sera d'effacer ce règlement arbitral. Nous avons des arguments sérieux que la justice devra entendre.

Par un combat politique pour convaincre les futurs gouvernants de revenir sur ces dispositions destructrices.

Par un combat médiatique pour expliquer que, à l’inverse des objectifs affichés, la destruction de l’esprit conventionnel fragilisera l’accès aux soins. Car les espaces de liberté confisqués par ce texte permettaient la réalisation d’actes aux tarifs réglementés par les praticiens conventionnés. C’est cette liberté sur une partie de l’activité qui permet à nos patients d’accéder à une grande partie des actes diagnostiques, des soins précoces, conservateurs et chirurgicaux, sans reste à charge. Ce que vient de faire la ministre revient à renier notre rôle social. Cela ne restera pas sans conséquences car nous ne pourrons plus continuer à faire du « bas coût » et du gratuit !

Chacun doit comprendre que la profession toute entière sera touchée. Chaque praticien devra renseigner ses patients afin de leur expliquer que ce combat est aussi le leur.

C’est pourquoi, dès la parution du règlement arbitral, la CNSD a lancé un vaste plan d’actions ciblées et progressives dans le temps, auquel les praticiens adhèrent d’ores et déjà massivement. Ce combat devra s’intensifier ! Personne ne devra dire « je ne savais pas » quand il sera trop tard.

Catherine Mojaïsky
présidente confédérale

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