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Acteurs de santé publique, jusqu'à quand ?
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- Publié le mardi 18 octobre 2011 10:02
- Écrit par Catherine Mojaïsky, Secrétaire général
Dans de nombreux pays, européens en particulier, l'accès à la santé bucco-dentaire pour toute la population est assuré par un service public dans lequel exercent des praticiens salariés. À côté, existe un exercice totalement libéral dont ne peut bénéficier qu'une tranche économiquement favorisée de la société.
En France ce n'est pas le cas : 92 % des chirurgiens-dentistes exercent dans un cadre libéral contractuel. C'est à eux que l'État a délégué la dispensation des soins dentaires à tous. Mais ce modèle ne peut fonctionner que si les règles du jeu sont établies et respectées.
Cette situation nous confère nombre de devoirs : défense de l'accès aux soins pour tous, respect du contrat conventionnel et de la sécurité sanitaire, délivrance de soins de qualité, existence d'une permanence des soins adaptée... d'autant que nous avons acquis de haute lutte le statut de profession médicale. Mais l'État de son côté a également un devoir : celui de nous permettre de répondre à ces missions et de pouvoir exercer dans de bonnes conditions sur tout le territoire.
Quand l'équilibre des devoirs, le « donnant- donnant », est rompu, tout le système s'écroule. C'est le cas aujourd'hui car le désengagement en matière de financement du bucco-dentaire induit une cascade de conséquences : désertification territoriale, surcharge de certains cabinets dentaires, burn-out, difficulté d'accès aux soins en raison du manque de disponibilité des praticiens et des restes à charge sur certains actes, absence d'attractivité de l'exercice libéral, création d'une dentisterie à deux vitesses avec des actes à forte valeur ajoutée et ceux, désormais dévalorisés, qui constituent pourtant notre cœur de métier...
La société française souhaite-t-elle que demain, les populations dont l'état bucco- dentaire nécessitera le plus de soins ne trouvent plus de chirurgiens-dentistes en mesure d'y répondre ? C'est le scénario catastrophe vers lequel nous nous dirigeons. Par ailleurs, certains pensent que nous pourrons ad vitam aeternam équilibrer nos dépenses avec des actes à honoraires libres : les statistiques et l'amélioration de l'état bucco-dentaire de la population démontrent le contraire, même si d'autres besoins apparaissent, en raison notamment du vieillissement des patients.
C'est pour toutes ces raisons que l'exigence de doublement des soins précoces, conservateurs et chirurgicaux, n'est pas une simple vue de l'esprit de la CNSD : il en va de la survie du mode de distribution des soins dentaires, de la cohérence et de la cohésion de notre profession, et de notre mission de santé publique... car personne n'est en mesure aujourd'hui de prendre la place des chirurgiens-dentistes libéraux, en rendant le même service, au même coût, avec la même qualité de soins et la même disponibilité.



