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Le concept « One Health » entre dans le cadre de la sécurité sanitaire mondiale

27 Déc 2018 | Actualités

Pour la première fois, médecins, chirurgiens-dentistes et vétérinaires, aussi bien étudiants que praticiens, se sont réunis afin de discuter du concept « One Health » et notamment de la façon dont il pourrait être intégré dans les cursus universitaires. Cette conférence-débat, qui s’est tenue le 5 décembre au siège du Conseil de l’Ordre des médécins, à Paris, a été l’occasion d’une discussion fructueuse avec une participation large et active de l’auditoire.

Par Doniphan Hammer 1er Vice-Président
et Aneta Tyszkiewicz Senior Policy Officer CED

One health Une seule santé Chirurgien-dentiste

Dans Santé publique 2016/3, Joseph Bénie Bi Vroh et Ibrahima Seck définissent ainsi le concept : « One Health, soit ‘‘une seule santé’’, est une approche intégrée de la santé qui met l’accent sur les interactions entre les animaux, les humains et leurs divers environnements. […] Le concept One Health entre dans le cadre de la sécurité sanitaire mondiale dont l’objectif est de rendre le monde plus sûr et plus sécurisé, en renforçant les capacités de la communauté internationale à prévoir, détecter et répondre aux épidémies de maladies infectieuses. » Le panel d’orateurs de cette conférence-débat était constitué de représentants de la Commission européenne et d’académiciens expérimentés dans la mise en oeuvre du « One Health » au sein de leurs universités, d’un délégué de l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Onuaa) et d’un membre du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (Cepcm) ; quant à notre profession, elle était représentée par Marco Landi, qui a expliqué les actions du Conseil des dentistes européens (CED) sur ce sujet, ainsi que par Doniphan Hammer, Paulo Melo et Stefaan Hanson.

Les liens entre santé humaine et animale

La conférence a commencé par un rappel des fondements intellectuels du concept, à savoir l’interpénétration des écosystèmes humain et animal et le constat que 75 % des maladies humaines émergentes et presque deux tiers des « maladies humaines infectieuses connues ont une origine animale* ».

Selon le principe du « One Health », la collaboration interprofessionnelle a bien été mise en place, en l’occurrence avec la grippe, mais elle doit maintenant être complétée dans de nombreux autres domaines. La recherche est celui qui reçoit de plus en plus l’attention de la part de la collaboration interprofessionnelle. Les représentants de la Commission européenne ont rappelé que, pour celle-ci, la prescription d’antibiotiques aux animaux et aux êtres humains relève de la compétence des États membres. Aux Pays-Bas, par exemple, il existe un règlement interdisant l’automédication comme moyen de prévention dans les exploitations agricoles. Ils ont aussi ajouté que même si rien ne peut être imposé en matière de « One Health » par l’Union européenne, pourtant tête de pont dans le domaine, chaque État devrait au moins faire la promotion du concept.

Le « One Health » n’est toutefois pas seulement né du constat des liens entre santé humaine et santé animale : il s’enracine aussi dans le refus de l’hyperspécialisation et de la fragmentation des disciplines scientifiques et médicales. Le représentant de l’Onuaa a ainsi souligné que les membres des différentes professions devaient se réunir pour commencer à discuter des problèmes et non plus « travailler en vase clos ». En effet, cette collaboration n’est en qu’à ses balbutiements. On en veut comme exemple la question de la résistance antimicrobienne, avec la Journée de sensibilisation aux antibiotiques, qui est très peu promue en Europe par manque de coopération interprofessionnelle.

 

L’université s’engage

Pour donner une plus grande dynamique au « One Health », l’université de la Sorbonne a annoncé qu’elle proposera un cours sur le thème : il est primordial de développer les compétences communes de base chez les chirurgiens-dentistes, les médecins et les vétérinaires pendant les études de premier cycle. D’ailleurs, ne seraitce pas un des objectifs de la réforme engagée du premier cycle en France ? En conclusion de cette conférence, il a été rappelé que « One Health » est un concept, et non une discipline, et que celui-ci ne pourra être appliqué que si la communication entre les protagonistes du monde médical se déroule naturellement, avec un respect mutuel et sans hiérarchisation particulière entre les professions.

 

 

* Stratégie 2011, « Position française sur le concept ‘‘One Health/Une seule santé’’ », Direction générale de la mondialisation, du développement et des partenariats.